Une expérience qui va au-delà de ce qu’on apprend en classe
Récits
Dans les régions rurales, où l’aide destinée aux femmes reste souvent limitée, une petite entreprise dirigée par une femme n’est pas un simple passe-temps. C’est ce qui distingue un foyer qui dispose de ressources comme les soins de santé et un revenu, et un autre qui n’en dispose pas.
Shelina Gwaduri a pu le constater de ses propres yeux en 2006, près d’Oulan-Bator, en Mongolie, dans des villages où les travailleurs humanitaires se rendent rarement.
« C’est là qu’on a vraiment ressenti, non seulement l’accueil chaleureux de la communauté, mais aussi leur ouverture d’esprit », a-t-elle déclaré, « et avec le temps, on a appris les mœurs du pays. Ils étaient très ouverts et disposés à partager leurs connaissances avec nous. »
Le travail de Shelina ne consistait pas à remettre à ces femmes un projet pensé pour une capitale, où les commerces ne fonctionnent pas comme dans un village. Il consistait à vérifier s’il pouvait réellement les faire vivre une fois appliqué dans leur contexte. Souvent, ce n’était pas le cas. Dans son rapport final, elle a donc exposé les failles de ces projets et pourquoi ils devaient être adaptés.
« J’ai dû déconstruire les idées que le siège avait pu se faire de la situation actuelle », a-t-elle expliqué, « et déterminer où les ressources et les efforts devaient être réellement concentrés. »
Elle a dû se rendre jusqu’à l’extrême ouest du pays, une région si reculée qu’il était plus simple de passer par la Russie puis le Kazakhstan que d’y accéder directement. Peu d’organisations humanitaires internationales s’aventuraient jusque-là. « On pouvait compter sur les doigts d’une main celles qui y travaillaient : La Croix-Rouge, Plan et Care », a-t-elle précisé. « C’est tout. »
L’importance de l’écoute, de la générosité des gens, et du fait de ne jamais juger, Shelina en est revenue avec une compréhension bien plus profonde après ses mandats.
Plus de dix ans après sa dernière affectation avec Cuso International, Shelina reste convaincue que l’aide internationale garde tout son sens, à condition qu’elle vise autre chose que la charité. Selon elle, « Le vrai but est de donner aux gens les moyens de s’aider eux-mêmes et de contribuer à leur tour. »
Shelina Gwaduri occupe aujourd’hui un poste de direction en collecte de fonds à Vancouver, reconnue en 2026 parmi les femmes leaders les plus influentes de la ville. Près de deux décennies dans le secteur l’ont menée vers les dons majeurs, les dons des communautés culturelles et le développement organisationnel.
Vingt ans plus tard, le village qu’elle a failli ne pas pouvoir atteindre continue d’influencer le travail qu’elle fait aujourd’hui. Ce qu’elle a appris de ces femmes aux abords d’Oulan-Bator ne l’a jamais quittée : un soutien qui renforce les capacités perdure.
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