Idées nouvelles : aider les cultivateurs philippins à prospérer

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Idées nouvelles : aider les cultivateurs philippins à prospérer

Le Philippo-Canadien Mandy Borja a décidé de mettre sa vaste expérience en agriculture, en génie et en développement au service de son pays d’ori-gine. Cet ingénieur retraité en agriculture et en environnement est aujourd’hui coopérant-volontaire pour Cuso International, à titre de conseiller en gestion des savoirs auprès de Trias-Southeast Asia.

Les 62 années d’expérience de cet ancien consultant d’ADEC, spécia-liste en agriculture pour le gouvernement philippin et gestionnaire de projets pour le Fonds mondial pour la nature (WWF) des Philippines en faisaient le candidat parfait pour aider des organismes agricoles à rationaliser et mettre à jour leurs façons de faire.

« Il a ouvert nos esprits aux idées nouvelles », raconte Gerald Prila, inspecteur des systèmes de contrôle interne de la Coopérative de déve-loppement Pecuaria (PDCI). Cette coopérative est située dans la muni-cipalité de Bula, dans la province de Camarines Sur, aux Philippines. Elle compte plus de 400 membres, qui cultivent du riz et du sucre muscovado biologique. Sa création officielle remonte à 1991, lors de la réforme agraire nationale. Après des conflits entre des groupes agricoles concurrents, on a distribué 1,7 hectares de terre cultivable et 600 pieds carrés supplémentaires pour la construction d’une maison à 426 familles.

Jocelyn Chaba, 64 ans, est l’une des membres d’origine de la coopér-ative.

Jocelyn Chaba, 64 ans, est l’une des membres d’origine de la coopér-ative. Elle se souvient des difficultés rencontrées lors du passage à la culture biologique. « Ce fut difficile, bien sûr, souligne la mère de 10 enfants. C’était une première pour nous. Nous avons fait plusieurs essais. Avec le temps, nous nous sommes familia-risés avec cette approche, et c’est devenu plus facile. Nous avons appris! »

Sa première récolte de riz bio-logique a donné un riz plus sucré et un meilleur rendement. En plus, cela lui a permis de réduire ses dépenses d’exploitation et d’investir ailleurs. « Nous n’avions plus besoin d’acheter d’engrais, explique-t-elle. Et nous n’avions plus à couper l’herbe avant de semer. » L’argent ainsi épargné lui a permis d’acheter toutes sortes de choses pour sa famille. Et elle a maintenant du temps pour semer des patates douces, des bananes et des légumes.

La coopérative est devenue une source d’innovation en développement rural, et grâce à une demande stable pour ses produits, les producteurs ont de meilleurs revenus, d’après le rapport 2017 de l’International Land Coalition.

Un rêve tout simple

Mandy, qui vit à Toronto, a travaillé avec les cultivateurs de la Coopérative afin de documenter leurs techniques. « J’ai analysé leurs techniques de plantation, d’entretien, de récolte, d’assèchement du riz et de commer-cialisation, explique-t-il. J’ai donc pu constater leurs bons coups et les points à améliorer. »

En collaboration avec les cultivateurs, Mandy a rédigé un guide pour améliorer leurs systèmes, augmenter leur production et élargir leur marché. Son aide a été tellement utile que la Coopérative cherche actuellement à voir comment aller plus loin et permettre à ses membres de développer d’autres projets, souligne Gerald Prila.

Pour Mandy, l’important, c’est de mettre en place des procédés qui aideront véritablement les cultivateurs à réussir et à prospérer. « Je constate déjà des changements dans l’attitude des cultivateurs. Ils se préoccupent de la protection et de la durabilité de l’environnement dans le contexte de la production agricole. Ils souhaitent acquérir et utiliser les technologies appropriées en agriculture, en agroforesterie et en gestion de l’eau. J’ai un rêve tout simple pour eux : qu’ils soient en mesure d’améliorer leurs technologies et de mener leurs activités agricoles de façon durable, dans le but ultime d’améliorer leurs conditions de vie. »