S’attaquer au taux de chômage endémique chez les jeunes caribéens

Dans cette classe de 4e secondaire, 13 adolescents apprennent à rédiger un curriculum vitæ. Les étudiants, âgés de 14 et 15 ans, participent au nouveau programme de choix de carrière de leur école secondaire. Ce programme enseigne aux jeunes les outils nécessaires pour décrocher un emploi.

« Quel est votre emploi idéal? », demande Bevon Austin à ses étudiants. « Médecin », répond l’un d’eux. « Banquière », ajoute une jeune fille assise dans la première rangée.

Bevon est convaincue que ces cours sont importants pour ses étudiants. Avant, ils ne voulaient pas faire leurs devoirs. Maintenant, ils se mettent au défi de surpasser leurs camarades plus forts.

« Je pense que participer à ce programme a amélioré leur estime de soi. Ils travaillent! »

D’après une étude menée par la Banque de développement des Caraïbes en 2015, le Guyana affiche le plus haut taux de chômage chez les jeunes de tous les pays des Caraïbes, et ce, depuis plus de 15 ans. Le taux actuel s’élève à 40 %. L’un des facteurs de ce taux élevé est le manque de compétences pertinentes, toujours selon cette étude.

Ces données en tête, Cuso International et son partenaire, Volunteer Youth Corps, ont mis en place un programme novateur pour encourager les jeunes à penser à leur future carrière. Après un projet pilote mené dans trois écoles en 2013, le programme a été appliqué dans 10 écoles, en 2015, et dans une 11e école au début de 2016.

À la fin de l’année scolaire 2015 2016, plus de 400 étudiants avaient participé au programme.

« Le programme a été conçu de façon à permettre aux étudiants d’explorer leurs possibilités et d’apprendre comment définir leurs objectifs et les atteindre », explique Daniela Spagnuolo, coopérante-volontaire de Cuso International.

« Nous espérons que le programme sera adopté par le ministère de l’Éducation d’ici trois à cinq ans afin qu’il soit offert partout au pays. »

Daniela, qui est jumelée à Volunteer Youth Corps, le partenaire local de Cuso International, souligne que les enseignants sont passionnés à l’idée de montrer la pertinence du programme aux étudiants.

Chaque mois, elle se rend dans les classes participantes et demande à deux étudiants de remplir des formulaires de rétroaction. Elle collige également les rapports des enseignants.

« Les étudiants apprennent. J’ai vu plusieurs d’entre eux faire référence aux apprentissages des cours précédents », souligne-t-elle.

 

La plupart des écoles participantes ont ajouté le programme de choix de carrière aux activités quotidiennes des étudiants, alors que d’autres l’offrent le midi ou la fin de semaine.

Lors d’un cours du samedi à l’école secondaire Tutorial, seulement quatre adolescentes se présentent en classe. Comme les étudiants sont en dernière année du secondaire, la plupart des élèves ont séché leur cours pour étudier en vue des examens du  Conseil d’examen des Caraïbes.

Michelle Jeffers, leur enseignante, ne s’en fait pas. Elle donne son cours sur les droits et les responsabilités des travailleurs et des employeurs comme prévu. Après le cours, elle explique que même si seulement quatre étudiantes se sont présentées aujourd’hui, elle s’attend à en recevoir au moins 15 d’ici la fin de la semaine.

« J’essaie de les rencontrer un par un dans mes temps libres, explique-t-elle. Quand j’en attrape un, je lui dis de venir me voir pour que je lui donne la matière à l’étude. Cinq minutes aujourd’hui, dix minutes demain. Je lui dis de faire les exercices, puis de venir me voir pour que je les corrige. »

Lorsqu’on lui parle de son dévouement, Michelle explique simplement qu’elle croit fermement que le programme aidera ses étudiants à prendre de meilleures décisions concernant leur carrière.

« Tout le monde devrait aimer son travail, précise-t-elle. J’aimerais vraiment qu’ils reviennent me voir, dans six ou six ans, pour me dire : “Mademoiselle, je suis infirmière et je m’en suis mieux sortie grâce à mon cours de choix de carrière.” »

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