Petite entrevue : Lois Boody

Petite entrevue : Lois Boody

La Torontoise Lois Boody a passé la dernière année scolaire à travailler avec les élèves de Fort Resolution aux Territoires du Nord Ouest. Cette spécialiste de la langue anglaise de 25 ans, qui effectue actuellement un certificat en développement international à l’Université de la Colombie Britannique, discute de son expérience dans le Nord et du bonheur de voir ses élèves réussir.   Q : En quoi consistait ton affectation?   J’étais monitrice d’apprentissage à distance. Les élèves suivaient des cours « diffusés » sur de grands écrans dans plusieurs communautés. Comme l’enseignant se trouvait dans une autre communauté des T.N.O., j’étais lelien entre l’enseignant et mes élèves. J’étais monitrice pour le cours de biologie de 11e année et d’anglais de la 10e à la 12e année. J’enseignais aussi la gymnastique de la maternelle à la 9e année et je donnais un coup de main au pro-gramme de petits déjeuners. J’offrais également du soutien individuel en littératie et en numératie aux élèves de la 1re et de la 2e année. J’adorais faire des activités extracurriculaires. Je coachais l’équipe de soccer extérieur, j’assistais l’entraîneur de l’équipe d’athlétisme et je faisais souvent de l’aide aux devoirs après l’école. J’ai aussi eu la chance d’ac-compagner des élèves lors de rencon-tres ou d’événements dans d’autres communautés.

Lois Boody

Q : Où vivais-tu? J’habitais à Fort Resolution, que les gens du coin appellent « Fort Res » ou simplement « Res ». C’est un petit hameau d’environ 500 habi-tants situé sur les berges du Grand lac des Esclaves. C’est le site de la Première Nation Deninu Kue, mais on y trouve aussi une grande popu-lation de Métis. Il y a une petite épicerie, un dépanneur, un restaurant et une école pour les élèves de la maternelle à la 12e année. Pendant mon séjour, ils ont construit une magnifique promenade de bois le long du lac jusqu’à Mission Island. Q : Quand as-tu décidé de faire de la coopération volontaire? Quand j’ai vu que Cuso avait un programme au Canada, j’ai été intriguée. C’est une partie du pays que peu de gens connaissent, y compris moi à cette époque. Je suis passionnée d’éducation et de déve-loppement, et j’espère poursuivre ma carrière dans ce domaine. J’aime aussi découvrir de nouvelles cultures, et je souhaitais contribuer à la réconcilia-tion avec les peuples autochtones. En plus, j’adore le plein air! Quand j’ai vu qu’on cherchait des moniteurs dans les T.N.O., je me suis dit que c’était l’occasion parfaite de mettre mes compétences à profit tout en me perfectionnant et en vivant une expérience extraordinaire. Je con-seille à tout le monde à partir dans le Nord pour faire ce genre de travail. J’ai énormément appris. Je suis extrê-mement reconnaissante à Cuso de m’avoir donné cette chance. Q : Quel est l’événement le plus mémorable de ton affectation? C’est difficile à dire. J’en ai telle-ment vécu! Mais je dirais que le moment fort de mon expérience fut les trois jours passés à Hay River pour la compétition d’athlétisme. C’est l’un des plus gros événements sportifs scolaires du territoire. C’était génial d’être là avec mes élèves, de ressentir leur excitation et d’être témoin de leurs réussites. J’ai aussi apprécié d’avoir la chance de participer à deux compétitions, dont une course avec l’un de mes élèves. Q : Quelle est la plus grande difficulté que tu aies rencontrée? Et comment l’as-tu surmontée? Le plus difficile pendant mon affectation fut de m’intégrer à la communauté. Dans un si petit ha-meau, il n’y a pas beaucoup d’événe-ments ou d’occasions officielles de rencontrer des gens en dehors de l’école. J’ai réussi à surmonter cette difficulté lorsque j’ai entendu parler des Ladies Night hebdomadaires. Quand j’ai commencé à y participer, j’ai réussi à tisser des liens plus étroits avec les gens du coin, tout en apprenant des choses vraiment géniales, comme la fabrication de bijoux. Et il y avait beaucoup plus d’ac-tivités communautaires pendant la belle saison. J’ai donc rencontré plus de gens et participé à des activités comme une course traditionnelle (une course à relais de six personnes et trois sports : la course, le vélo et le canot) et le lancer de la hache. Q : Parle-nous de l’une des grandes réussites de ton affectation. Je suis particulièrement fière de l’organisation de l’événement « Autour du monde » en collaboration avec l’autre coopérant-volontaire de Fort Resolution pendant la dernière semaine de cours. Les élèves de la maternelle à la 9e année y ont parti- cipé, et les élèves plus vieux ont contribué à son organisation. Les élèves étaient divisés en groupes et avaient des passeports. Ils se dé-plaçaient dans l’école afin de visiter des stations correspondant à différents pays. Les stations leur donnaient l’oc-casion de découvrir un pays et de faire une activité pour faire estampiller leur passeport. Ils ont appris quelques pas de salsa en Colombie, fait des briga-deiros au Brésil, construit des casse-tête en Suède, bu du thé et joué au soccer en Angleterre, écrit quelques mots en coréen et appris le nom de la devise du Bangladesh, entre autres. On s’est bien amusés!