« Notre mission est de prendre soin des gens »

« Notre mission est de prendre soin des gens »

Rapatriement en raison de la COVID-19 : point de vue d’une coopérante-volontaire et une employée

Les volontaires de Cuso Sylvia Essiembre (à gauche) et Yodaly Velasquez (à droite), avec deux femmes avec lesquelles elles ont travaillé en Bolivie.

À la mi-mars, la coopérante-volontaire de Cuso International Sylvia Essiembre a dit au revoir à ses collègues de La Paz, en Bolivie. Elle venait de passer près de deux ans sur le terrain à titre de coordonnatrice du COCAB, une association d’ONG canadiennes œuvrant en Bolivie.

Le 15 mars dernier, elle est montée à bord d’un bus qui allait l’amener à Lima, au Pérou, où elle devait prendre un avion à destination du Canada. Mais les choses ne se sont pas déroulées comme prévu en raison des différentes mesures nationales adoptées dans la foulée de la pandémie de coronavirus.

« À mon arrivée à Lima, après 28 heures de bus sans connexion Internet, j’ai appris que les frontières fermaient dans quelques heures à peine et que je n’avais plus d’option de rechange. De toute façon, mon vol avait été annulé, explique Sylvia. Tout était fermé à Lima : les magasins, les boutiques, les entreprises, les parcs. Seules les épiceries, les pharmacies et certaines banques étaient toujours ouvertes. En plus, mon cellulaire ne fonctionnait pas, car j’avais une carte SIM bolivienne, et je n’avais pas accès à Internet. »

Sylvia a finalement trouvé un centre commercial avec Wi-Fi, ce qui lui a permis d’entrer en contact avec le bureau de Cuso en Bolivie. L’équipe lui a alors fourni le numéro d’urgence du bureau de Cuso au Pérou. Sylvia a ensuite eu la chance de tomber sur policier qui lui a prêté son téléphone.

« J’ai appelé le bureau de Cuso au Pérou, ils ont été merveilleux! Ils m’ont trouvé un endroit où dormir et payé mon hébergement. Et ils ont réactivé ma couverture d’assurance, explique-t-elle. J’avais signé une décharge lors de mon départ de la Bolivie, puisque mon affectation était terminée. Cuso n’était donc plus responsable de moi, encore moins depuis que j’étais au Pérou. Mais ils ont remué ciel et terre pour m’aider, même s’ils n’étaient pas dans l’obligation de le faire. »

Pendant ce temps, Alexandra Reano, la gestionnaire en sûreté et sécurité de Cuso, était en contact avec la mère de Sylvia, qui ne pouvait joindre sa fille, dont le téléphone avait été désactivé.

De gauche à droite : Caroline Albert et Alexandra Reano, membres du personnel du Cuso, Elizabeth Cook, bénévole du Cuso, et Clarisse Falanga, propriétaire de Nice Farine, en RDC.

« Ce fut une semaine très intense. En plus des appels des coopérants-volontaires, je recevais ceux de leur famille, qui s’inquiétait du sort des personnes prises sur le terrain », explique Alexandra, une membre clé de l’équipe d’intervention d’urgence du bureau d’Ottawa de Cuso International. Cette équipe tissée serrée a travaillé jour et nuit en étroite collaboration avec les bureaux nationaux, les ambassades et de nombreux fonctionnaires pour rapatrier les coopérants-volontaires pendant les premières semaines de la pandémie.

« Alexandra a été merveilleuse avec ma mère, qui inquiétait beaucoup pour moi. Ma mère a reçu un courriel de Cuso lui expliquant qu’ils faisaient tout en leur pouvoir pour assurer le retour sécuritaire de leurs coopérants-volontaires. Elle a appelé le numéro indiqué dans le courriel pour obtenir plus d’information. Alexandra l’a rassurée en lui expliquant que j’étais saine et sauve et que j’avais été prise en charge, explique Sylvia. Je suis restée à Lima environ deux semaines, alors que les gouvernements de différents pays négociaient les procédures de rapatriement avec le Pérou. »

Alexandra a même utilisé sa carte de crédit personnelle pour acheter des billets d’avion destinés aux coopérants-volontaires afin de contourner un problème technique de la plateforme d’achat en ligne.

Sylvia Essiembre photographie les personnes qui attendent à l’aéroport.

« Vous n’avez pas idée à quel point j’étais heureuse de savoir que nous avions enfin des billets pour nos coopérants-volontaires. Ce fut la plus belle journée depuis longtemps… depuis au moins 10 jours, je dirais », souligne Alexandra, qui s’est fait rembourser son achat la semaine suivante.

« En tant que gestionnaire responsable de la sûreté et de la sécurité, je suis prête à faire tout le nécessaire. Si je dois utiliser ma carte de crédit personnelle, je l’utiliserai. Si je dois aller chercher quelqu’un à l’aéroport, je le ferai. Je crois que cette valeur de Cuso mérite d’être soulignée. Notre mission est de prendre soin des gens. Nous prenons soin de nos coopérants-volontaires, nous prenons soin de nos employés et nous prenons soin de nos collègues, parce que nous nous soucions vraiment de leur bien-être. »

Sylvia prévoit retourner sur les bancs d’école en septembre pour terminer sa maîtrise. « J’aimerais ensuite refaire de la coopération volontaire, précise-t-elle. Mon expérience en Bolivie fut très enrichissante. J’adorais mon travail et mes collègues. »