Niroja Q+A

Niroja est partie sur le terrain avec Cuso dans le cadre de ses études supérieures. Son affectation comme aide-enseignante l’a amenée à Fort Providence, dans les Territoires du Nord-Ouest. Si elle s’est sentie isolée au départ, elle est finalement tombée sous le charme de la population locale. Elle prévoit d’ailleurs continuer à y travailler avec les jeunes et les leaders. 

Parle-nous de Fort Providence. 

Fort Providence est sans aucun doute le plus bel endroit que j’aie visité. La température descend souvent en bas de -40 l’hiver, mais la chaleur humaine nous fait tout oublier. J’y ai été accueillie à bras ouverts par la population. La municipalité repose sur les berges du somptueux fleuve Mackenzie, et il n’est pas inhabituel de voir des hardes de bisons errer ou brouter autour des maisons. Les Dénés et les Métis sont fiers de leur culture et extrêmement résilients, malgré les traumatismes intergénérationnels causés par les pensionnats et les postes de traite des années 1860. Malgré toutes les différences entre la vie dans le Nord et le Sud du pays, vous pouvez être certains que les jeunes de Fort Providence aiment autant TikTok, le rap et les dessins animés que ceux du Sud! 

Quel est l’événement le plus mémorable de ton affectation?  

J’ai eu la chance d’aller en nature plusieurs jours avec des élèves et des leaders de la communauté. Nous étions complètement retirés du monde. Il n’y avait aucune réception, donc pas de technologiemodernes. Nous avons trappé, pêché sur la glace, observé une chasse au bison et la préparation de la viande et exprimé notre gratitude pour la générosité de notre Terre. Dans cet environnement, les élèves excellaient. Ils menaient les choses d’une main de maître, et j’apprenais à leurs côtés. C’était incroyable de constater leur confiance dans un contexte où tout était un défi pour moi! Ce fut une expérience profonde et enrichissante. Je leur suis reconnaissante de m’avoir tant appris. 

Niroja with her students

Niroja avec ses élèves

Quelle est la plus grande difficulté que tu as rencontrée? Et comment l’as-tu surmontée?  

Vivre dans le Nord du Canada peut être une expérience difficile marquée par l’isolement. Le luxe auquel j’avais accès à Toronto, comme les cinémas, les centres commerciaux, les supermarchés, les restaurants et même l’Internet à la maison, sont inexistants à Fort Providence. Heureusement, d’autres coopérants-volontaires prenaient fréquemment de mes nouvelles. J’avais donc un bon réseau. J’ai aussi profité de mes temps libres pour tisser des liens avec les jeunes. Je faisais du bénévolat à la maison des jeunes ou je donnais un coup de main lors des activités ou des repas communautaires. Ils sont en quelque sorte devenus ma famille élargie. Les plus jeunes enfants m’ont d’ailleurs surnommée « grandma » (ce qui a créé certains moments bizarres en présence de leurs parents!). Cet amour et cet esprit communautaire ont rapidement remplacé mon sentiment d’isolement initial. 

 Quel impact ton affectation a-t-elle eu sur les élèves?  

Mon poste d’aide-enseignante m’a donné la chance de participer au lancement du programme d’Apprentissage à distance du Nord (ADN) à Fort Providence. Le programme a été inauguré par un cours d’art pour les élèves du secondaire. C’était la première fois que ces élèves avaient un cours d’arts plastiques de niveau secondaire. J’ai tout de suite vu que certains étaient très doués. J’ai pu tisser des liens avec ces élèves dans un contexte d’apprentissage plus personnalisé, et les encourager à développer leurs talents artistiques. J’ai vu leur confiance en eux grandir au fil du temps et de leurs créations. Nous écoutions de la musique et discutions pendant les ateliers pratiques, ce qui nous a permis de nous rapprocher. Une élève de 12eannée est venue me voir pour me dire qu’elle souhaitait s’inscrire dans une école d’art. Pendant des semaines, j’ai travaillé avec elle après l’école pour l’aider à préparer son portfolio et l’accompagner dans les méandres administratifs de son inscription à l’université. Ce fut une réussite sur toute la ligne! Elle commencera des études en arts à l’Université d’Alberta! 

 Pourquoi as-tu choisi de partir avec Cuso dans le Nord du Canada? 

J’étais inspirée par l’importance accordée par Cuso aux partenariats et à l’autonomisation de ses partenaires afin qu’ils prennent leur développement en main. J’aimais également la procédure de sélection et de formation, et le fait que Cuso n’impose jamais un candidat à ses partenaires. Il donne plutôt le temps à ses candidats et ses partenaires d’apprendre à se connaître afin que ces derniers puissent choisir la personne qui leur convient.  

Pendant mes études supérieures, j’ai eu la chance d’apprendre la véritable histoire des peuples autochtones au Canada. Je ne voulais pas voir le Nord du Canada comme le lieu d’une tragédie. Je voulais en savoir plus sur les démarches et la résilience des peuples autochtones et désapprendre les stéréotypes et les idées reçues sur ces populations. Je voulais découvrir par moi-même la richesse et la diversité culturelle des peuples autochtones afin de ramener une vision plus juste du Nord dans mes bagages. 

En haut : Niroja, Fort Providence, Territoires du Nord-Ouest