L’éducation : source de réussite et de confiance en soi

Récits

UGIRLS2 Students in Ethiopia

Aisha* souhaite plus que tout que les femmes et les filles de la Région de Benishangul-Gumuz, en Éthiopie, puissent réaliser leur plein potentiel. Elle veut les voir fréquenter l’école et recevoir toute l’aide nécessaire de leur famille et de leur gouvernement pour y parvenir.

« Lorsque les étudiantes reçoivent de l’aide, elles peuvent se faire entendre, prendre leur place et, ultimement, vivre leur vie comme elles le désirent », explique la jeune fille de 18 ans.

Dans la Région de Benishangul-Gumuz, les rôles traditionnels excluent souvent les femmes et les filles des bancs d’école, les reléguant aux tâches domestiques. Bon nombre d’entre elles se sentent prises au piège, explique Aisha. En plus de leurs lourdes tâches, elles sont trop souvent exploitées et victimes de violence physique et sexuelle.

Cuso International et ses partenaires s’affairent donc à corriger le tir et à offrir aux femmes et aux filles la possibilité de bousculer les normes sociales. Le projet Les filles aussi, lancé en 2019, cherche à la fois à éliminer les obstacles qui empêchent les femmes et les filles de faire des études postsecondaires et à soutenir leur famille et leur communauté. En mobilisant des leaders locaux, le projet souhaite changer les attitudes et promouvoir l’égalité entre les sexes.

Cette année, 400 filles et femmes de la région, dont Aisha, ont reçu du matériel scolaire, de la formation, des tutoriels et de l’aide financière pour se consacrer entièrement à leurs études. Cuso s’est associé avec le Bureau régional de l’éducation de la Région de Benishangul-Gumuz, cinq écoles secondaires et l’Institute of International Education. De plus, le personnel scolaire a droit à de la formation sur les inégalités homme-femme.

Pour Aisha, cette aide est cruciale. La jeune femme a grandi à Debre Markos dans la Région d’Amhara avec ses parents, sa sœur et ses trois frères. Sa famille vivait dans la pauvreté. De plus, son père alcoolique devenait souvent violent et buvait les maigres ressources de la famille.

À l’âge de 13 ans, Aisha est intervenue pour empêcher son père de frapper sa mère. Peu de temps après, elle a été envoyée chez son oncle, à Asosa. Comme ce dernier la soumettait au travail domestique forcé, Aisha a rapidement dû s’enfuir. Elle a finalement réussi à trouver un travail rémunéré auprès d’une famille qui l’héberge et l’encourage à poursuivre ses études.

Grâce au projet Les filles aussi, Aisha a pris confiance en elle et arrive à se débrouiller toute seule. Elle aspire maintenant à devenir médecin.

« Depuis que je fais partie du programme, je sens que je ne suis pas seule et que je peux obtenir de l’aide, explique-t-elle. Cela me donne espoir et m’encourage à étudier tous les jours. »

 

*Nom fictif.