Irène Aladaye : Une vie meilleure à Saint-Camille

Le sort des personnes atteintes de maladies mentales varie peu d’un bout à l’autre de l’Afrique. Ce sont des laissés-pour-compte. On pourrait même dire que ce sont les « laissés-pour-compte des laissés-pour-compte ». Dans les pays africains, les hôpitaux psychiatriques sont rarissimes, tout comme les psychiatres. Et les médicaments sont hors de prix. Les maladies mentales restent donc trop souvent non traitées. Pour la population, qui ne comprend pas les maladies mentales, les personnes qui en sont atteintes semblent possédées ou sous le joug de la magie noire. Elles deviennent en quelque sorte des intouchables que l’on évite et l’on abandonne.

La famille d’Irène Aladaye ne savait pas quoi faire pour l’aider. Ses parents l’ont donc amenée voir un guérisseur traditionnel. « Quand je suis arrivée, je me suis mise à bouder parce que je ne voulais pas être là, explique Irène. Je ne me sentais pas bien du tout. Mais si on essaie de s’enfuir et qu’ils nous rattrapent, on se fait battre. On se fait battre violemment. Nous étions attachés avec des menottes. Moi, on m’avait enchaînée. »

L’état d’Irène s’est dégradé en raison de ces mauvais traitements, au point où elle a essayé de se suicider. « Je ne pouvais plus supporter de rester là. Je me sentais tellement mal dans cet endroit. J’ai donc essayé de me suicider, mais la Vie a repris ses droits… Je suis donc encore vivante. »

Fort heureusement, quelqu’un a amené Irène à l’Association Saint-Camille-de-Lellis, l’un des seuls centres en santé mentale offrant des services complets en Afrique. L’Association, qui a des établissements au Bénin, en Côte d’Ivoire et au Togo, offre non seulement des soins primaires à ses patients, mais également du soutien aux familles et de la formation aux patients afin qu’ils puissent réintégrer la société.

Cuso International contribue à la mission de l’Association en envoyant des coopérants-volontaires qualifiés sur le terrain, qui collaborent à l’amélioration des services de santé, des programmes de formation et des ateliers d’art-thérapie. Nos coopérants-volontaires travaillent aussi de concert avec l’Association à des projets d’entreprises sociales. Une boulangerie et une petite ferme permettent aux patients qui vivent au centre ou qui utilisent ses services externes d’acquérir des compétences et de gagner des sous. De plus, les coopérants-volontaires de Cuso International spécialisés en développement organisationnel aident le centre à améliorer son administration, ses systèmes financiers et la tenue de ses dossiers médicaux.

Le centre est désormais la maison d’Irène. Ici, elle se sent soutenue et en sécurité. « Je ne veux pas quitter Saint-Camille tout de suite parce que je rechute quand je suis toute seule, explique t elle. Je commence à déprimer et à avoir des problèmes de comportement. Dès que je reviens au centre, je me sens mieux. C’est pourquoi j’ai décidé de rester à Saint-Camille. »

En 2016, le partenariat entre Cuso International et l’Association Saint-Camille a permis d’aider près de 4 500 personnes à relever les défis associés à la maladie mentale.

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