En Tanzanie, les femmes et les jeunes cultivent l’espoir et leurs potagers

Récits

A Black woman with sunglasses holding a tray of crops

Donatila est encouragée par la croissance qu’elle observe en Tanzanie : la croissance dans les potagers, la croissance des compétences en affaires et en agriculture et la croissance du bien-être socioéconomique des femmes et des jeunes.

Cette Tanzanienne fraîchement diplômée en horticulture fait un stage au projet Modèle d’affaires kizimba (projet MAK) soutenu par Cuso International dans la région de Morogoro, en Tanzanie.

Ce projet mené par la Sokoine University Graduate Entrepreneurs Cooperative (SUGECO) encourage les femmes et les jeunes à se créer un emploi en agriculture et en agroalimentaire.

Plus de 1 000 hectares de terres sont consacrés à ce projet. Avec l’aide des gouvernements locaux, des universités et de partenaires du secteur privé, Donatila apprend à gérer de petits lopins réservés à la culture de denrées très recherchées, comme les mangues, le soya et les piments chilis. L’équipe du projet MAK ont notamment testé la variété Loleza du piment habanero dans la région de Morogoro, avec des résultats prometteurs.

Quant à Donatila, elle constate de visu les retombées exceptionnelles de ce projet sur les femmes et les jeunes, qui constituent la majorité de la main-d’œuvre agricole dans la région.

« Malgré leur grand nombre, les femmes sont souvent exploitées, reçoivent une maigre part des profits de la vente des cultures et ont difficilement accès aux marchés, explique-t-elle. De plus, elles ont rarement la chance de participer à la gestion des élevages ou de posséder une terre. »

Pourtant, elles doivent prendre soin de leurs enfants et de leur mari et effectuer toutes les tâches ménagères (cuisine, lessive, rapiéçage, ménage, etc.), en plus de faire du petit commerce pour contribuer aux revenus de la maisonnée.

Dans ce contexte, les femmes et les filles s’entraident, et les mères apprennent à leurs filles à assumer ces lourdes tâches et responsabilités.

Malheureusement, ce contrôle patriarcal a des conséquences désastreuses : faibles revenus, accès limité à l’éducation et aux ressources et violence sexiste, notamment.

Or, comme a pu le constater Donatila, le projet MAK donne des résultats concrets en dotant les femmes et les jeunes de connaissances entrepreneuriales et en améliorant « le bien-être socioéconomique de milliers de Tanzaniens grâce à l’éducation et au partage des connaissances », souligne-t-elle.

Pour tout dire, le projet MAK va tellement bien qu’il est sur la bonne voie d’assurer à plus de 6 000 femmes et jeunes des possibilités d’emploi dans le secteur agroalimentaire.

Donatila a participé au projet pilote de production de piments habanero afin d’évaluer leurs débouchés sur les marchés locaux et régionaux. Elle fut ravie de voir les récoltes du projet pilote vendues à des commerçantes, qui les ont ensuite revendues à des marchés locaux. « Grâce à ce projet, leurs conditions de vie ce sont améliorées, car elles gagnent de l’argent pour nourrir leur famille », souligne-t-elle.

Inspirée par ce succès, Donatila prévoit utiliser l’expertise qu’elle a acquise sur la production horticole pour former des femmes et des jeunes dans les régions avoisinantes. Son objectif : améliorer les conditions de vie du plus grand nombre de familles possible.

Mais elle a appris bien plus.

« Les coopérants-volontaires de Cuso spécialisés dans différentes disciplines, comme les technologies de l’information et des communications, la gestion agroalimentaire, les finances et l’ingénierie agricole, m’ont aidée à acquérir de nouvelles connaissances et compétences que je peux aujourd’hui partager avec mes concitoyens », raconte-t-elle.

Motivée par sa collaboration avec Cuso et le projet MAK, et confiante en ses capacités nouvelles, Donatila rêve de fonder une entreprise agricole et d’offrir encore plus de perspectives d’avenir aux femmes et aux jeunes.

« Le projet Modèle d’affaires kizimba me remplit d’espoir. »