Une coopérante-volontaire issue de la diaspora aide un groupe de femmes à prendre son envol

Amalia Gentles est profondément attirée par le pays d’origine de sa mère. « J’ai toujours su que je vivrais et travaillerais en Jamaïque un jour. Je m’y sens chez moi. »

Canadienne de naissance, Amalia a sept ans lorsque sa sœur et elle passent leur premier été à la ferme de leurs grands-parents, à Hanover, une paroisse rurale de l’Ouest de la Jamaïque. « On s’attendait à du soleil, du sable et des plages », se rappelle Amalia en riant. Si elles ont bel et bien droit au soleil et aux plages, les deux fillettes d’Ottawa goûtent également aux réalités de la vie locale, comme laver leurs vêtements dehors à la main et travailler sur la ferme familiale.

Pendant son adolescence, Amalia retourne plusieurs fois en Jamaïque, où elle est témoin des difficultés sociales et économiques qui se juxtaposent aux paysages paradisiaques de cette île des Caraïbes. Une énorme dette publique, un taux de chômage élevé et un fort climat de violence compliquent la situation dans ce pays où près de 15 % de la population vit dans la pauvreté. « On voyait des jeunes hommes traîner toute la journée. Des années plus tard, j’ai compris que le taux de chômage était très élevé dans la paroisse où vivaient mes grands-parents », raconte Amalia en se remémorant les séjours de son enfance.

Pendant sa maîtrise en développement international à l’Université de Queen, Amalia a l’occasion de faire une analyse critique des approches néolibérales de la réduction de la pauvreté et d’étudier l’efficacité d’interventions parentales en Jamaïque. C’est son directeur de maîtrise qui l’encourage à partir sur le terrain avec Cuso International après ses études. En octobre 2015, elle commence sa collaboration avec la Young Women’s Christian Association (YWCA) de Kinston.

La YWCA offre depuis 90 ans des possibilités d’éducation et de formation professionnelle aux jeunes femmes marginalisées, notamment aux mères adolescentes. Amalia y animera des ateliers de développement organisationnel sur différents sujets : planification stratégique, leadership, gestion du changement, etc. Avec sa collègue, la coopérante-volontaire Christine French, elle organisera une formation sur la pleine conscience pour que les enseignants et les employés puissent diminuer les comportements perturbateurs en classe; un enjeu de taille chez certains élèves. « Je peux comprendre. Apprendre dans une salle de classe où il fait une chaleur étouffante alors qu’on n’a rien mangé de la journée… C’est facile de perdre les pédales », souligne Amalia.

Amalia donnera également un coup de main à Tess Page, une autre coopérante-volontaire de Cuso International qui organise un projet de murale. Visible de la rue, l’œuvre véhicule des messages positifs et pertinents sur le changement social, la confiance et l’estime de soi. Sa contribution majeure, toutefois, sera la rédaction d’un plan stratégique sur deux ans, intitulé Semer les graines du changement, qui cible des objectifs en renforcement des capacités, en mobilisation des ressources et en participation communautaire. L’un des éléments majeurs de ce plan sera son lancement médiatisé avec une visite guidée des installations et la présence d’invités prestigieux, dont le Haut-commissaire du Canada.

D’après Roberta Ellis, directrice de la programmation de Cuso International en Jamaïque, ce plan a donné une orientation stratégique à la YWCA et amélioré l’efficacité des rencontres du conseil d’administration. « Amalia était très appréciée de son partenaire, qui avait le sentiment de pouvoir s’identifier à elle », explique Roberta, qui est d’avis qu’Amalia avait une grande facilité à créer des liens et à nourrir des attentes réalistes.

Après le lancement, Sonita Abrahams, directrice générale de RISE Life Management Services, invite Amalia à venir travailler pour son organisme à la fin de son affectation avec la YWCA. RISE est un organisme communautaire bien établi qui met en place des projets dans le domaine des droits de la personne, de la prévention de la toxicomanie et du counseling. Lors de cette collaboration, Amalia créera des outils de la planification de la relève, comme des descriptions de poste et un manuel d’orientation des employés à jour. « Les organismes sans but lucratif savent qu’ils doivent avoir ce genre de documents, mais ils ont rarement le temps et les ressources pour s’en occuper », explique-t-elle.

Après plus de deux ans en Jamaïque, Amalia retourne au Canada. Bien qu’heureuse d’entreprendre cette nouvelle étape de sa carrière, elle admet se sentir déchirée, car son affectation lui permettait de passer du temps avec ses grands-parents et les membres de sa famille, à Kingston.

Elle pense d’ailleurs refaire de la coopération volontaire un jour. Elle a même obtenu sa citoyenneté jamaïcaine. « J’étais tellement heureuse quand j’ai reçu mes papiers par la poste, raconte Amalia, déterminée à retourner en Jamaïque à l’occasion pour de courts séjours. Je sais que je n’ai pas besoin de payer de loyer à Kingston. Je n’aurai qu’à dire à mes cousins de me faire une petite place! »

Cuso International recrute actuellement des coopérants-volontaires pour une vingtaine d’affectations en Jamaïque. Pour en savoir plus sur nos possibilités d’affectation en Jamaïque ou ailleurs dans le monde, consultez les placements

Nous espérons de tout cœur que vous ferez un don sans tarder pour nous aider à envoyer notre prochaine cohorte de coopérants-volontaires sur le terrain, où ils participeront à des projets porteurs et novateurs.