À propos des anciens : Catalyseur été 2020

À propos des anciens : Catalyseur été 2020

Lois Chetelat
Inde 1963-1965

Lois s’est inspirée des lettres qu’elle envoyait régulièrement au pays pendant son affectation pour rédiger son ouvrage intitulé From Tundra to Tropics: Letters home from a Canadian Nurse. Elle y dépeint les événements historiques, les conditions économiques et les valeurs sociales ayant façonné sa vie et celle de ses contemporaines.

Après l’obtention de son diplôme d’infirmière, en 1961, Lois travaille deux ans dans l’Arctique canadien. Elle part ensuite en Inde pour soigner les enfants tibétains qui y ont trouvé refuge. Elle est alors l’une des premières coopérantes-volontaires de Cuso dans ce pays. Elle sera ensuite affectée au Honduras et en Indonésie. Après son mariage, elle donne naissance à deux garçons et fait un doctorat en anthropologie à l’Université Carleton.

 

Marian White
Nigeria 1977-1978; membre du conseil d’administration 2005-2008; Guyana 2016-2017

J’ai récemment fêté mon 65e anniversaire. Facebook a réussi à me convaincre de faire une collecte de fonds pour souligner l’événement. J’ai donc nommé Cuso International comme bénéficiaire de ma campagne de financement. Je me suis donné 650 $ comme objectif. Au début, j’avais mis 65 $, puis j’ai ajouté un zéro! Note de la rédaction : Merci Marian d’avoir recueilli 670 $ pour Cuso!

 

Sharon Channer
Tanzanie 1969-1971

Il y a de cela 50 ans, des Canadiens idéalistes et motivés sont montés à bord d’un avion à destination de la Tanzanie pour faire de la coopération volontaire avec Cuso. Nous étions débordants d’enthousiasme et d’espoir, et peut-être d’une touche d’appréhension. Fraîchement diplômés pour la plupart, nous étions impatients de mettre nos apprentissages en pratique.

Cinquante ans plus tard, nous nous entendons tous sur au moins une chose : notre expérience en Tanzanie fut riche et mémorable. Ce constat est ressorti clairement lors des retrouvailles du groupe de Cuso Tanzanie 1969, qui ont eu lieu à Toronto en septembre 2019. L’événement fut un franc succès. D’anciens coopérants-volontaires sont venus de Victoria, de Vancouver, de Melfort, de New York, de Montréal et d’un peu partout en Ontario pour y participer.

Voici quelques commentaires des participants :

« Ce fut toute une expérience de revivre des souvenirs remontant à 50 ans et de découvrir à quel point ils sont encore frais à notre mémoire. Félicitations à tout le monde pour les vies et les carrières passionnantes que vous avez eues depuis 1969! Il semble que personne ne se soit complètement remis de cette incroyable aventure. »

« Cette expérience tanzanienne à une période aussi importante de ce pays et à un moment aussi incroyable de notre vie a façonné notre vision du monde et nos aspirations futures. »

« Se remémorer son passé n’est pas une mauvaise chose lorsqu’on le fait avec autant d’intensité, de dynamisme et de positivisme. »

 

Alan Dill
Malawi 1972-1974; Ghana 1977-1979

Je voulais partager mon expérience en réaction au petit mot de Tim Babcock dans le numéro d’automne 2019 du Catalyseur. J’ai repris contact avec mon ancien collègue et colocataire, Charles Gunsaru, un malawien professeur de sciences.

Charles et moi partagions une maison à l’école secondaire Chikwawa, dans le sud du Malawi, pendant ma première affectation avec Cuso. Nous avons travaillé en étroite collaboration dans le département de mathématiques et de sciences.

Nous sommes restés en contact pendant une année environ. Nous utilisions la seule option viable à l’époque : le bon vieux service postal. Nos échanges épistolaires ont fini par cesser, et j’ai perdu contact avec lui pendant 30 ans.

Puis, dans le milieu des années 2000, j’ai reçu un courriel de Cuso me disant que quelqu’un essayait de me retrouver. C’était Charles. Il avait réussi à communiquer avec Cuso, qui m’a ensuite informé de ses démarches.

 

Neill McKee
Malaisie 1968-1970

Mon livre, Finding Myself in Borneo, a reçu une mention honorable dans la catégorie Récit de voyage du site Readers’ Favorite Book Reviews and Award Contest. J’ai aussi gagné un prix dans la catégorie Biographie et autre lors des 13e Annual New Mexico/Arizona Book Awards.

Mon livre est maintenant disponible en format audio pour ceux et celles qui aiment cette formule. Rendez-vous au neillmckeeauthor.com/audiobook pour en obtenir un exemplaire.

Je verse tous les profits de la vente de mon livre (en magasin et en ligne au Canada) à Cuso, l’organisme avec lequel j’ai entrepris mes 45 années de carrière à l’international et qui m’a permis de vivre des expériences amusantes à raconter! Note de la rédaction : Merci Neill de redonner à Cuso!

 

Bob Jamieson
Ghana 1970-1972

Après avoir vu l’article sur Stan Bunston dans le dernier numéro, j’ai décidé de vous partager mon histoire.

Pleins feux 

Bob Jamieson a été coopérant-volontaire avec Cuso au ministère du Gibier et de la Faune sauvage du Ghana, de 1970 à 1972. Il participait à un programme de conservation avec des projets partout en Afrique. Il dirigeait l’équipe chargée du recensement faunique au Ghana, de la gestion de problèmes tels que le pillage de cultures par les éléphants et de la recherche de nouveaux sites pour de futurs parcs nationaux. À la fin des années 1970, son travail a permis la création du réseau de parcs nationaux qui font la fierté du Ghana aujourd’hui.

De retour au pays, il a mené une carrière aussi riche que diversifiée comme chroniqueur de plein air, écologiste, grand éleveur et conservateur. Bob est retourné au Ghana dans les années 1980. Le pays vivait alors une période extrêmement difficile du point de vue économique et politique. Son objectif : rédiger un article sur la conservation pour un magazine international. Ce n’est que beaucoup plus tard qu’il a appris que son retour au Ghana pendant cette période douloureuse fut grandement apprécié par ses amis et anciens collègues.

Le Ghana a repris du mieux au début des années 1990. Bob et ses sœurs ont commencé à y organiser des expéditions d’écotourisme pour faire découvrir aux visiteurs la diversité culturelle et faunique de ce pays. Ils furent les pionniers dans ce domaine au Ghana, un secteur représentant aujourd’hui une part importante de l’industrie touristique nationale.

En 2001, alors qu’il rendait visite à ses vieux amis à Wa, une ville du Nord du Ghana, Bob a été nommé « M’Gulyaa Naa », c’est-à-dire chef de l’amitié au sein du peuple Wala habitant sur les frontières nord et ouest du parc national Mole. Ses deux sœurs ont reçu le titre de « Reine-Mère ». Son titre de chef a été reconnu par les autres tribus de la région.

« Mon séjour au Ghana a complètement transformé ma vie, souligne Bob. Je travaillais dans des villages limitrophes des rares parcs nationaux de l’époque. J’ai donc eu la chance de rencontrer des villageois. Ce sont des gens fabuleux qui m’ont donné l’occasion de porter un regard neuf sur ce qui compte réellement dans la vie. Et les fonctionnaires du Ministère étaient parmi les conservateurs les plus convaincus de la planète. Ils ont assuré le bon fonctionnement du Ministère et des parcs pendant les années 1980, alors qu’ils étaient parfois jusqu’à huit mois sans salaire. »

« C’est grâce à eux que le Ghana a aujourd’hui un réseau solide de réserves et de parcs nationaux, ainsi que de nombreux sites d’écotourisme villageois – les premiers du genre en Afrique. Je suis fier de les avoir connus. Emmanual Asibey, Val Sackey, Gerry Punguse, Ahmed et Vivian Nuhu, John Mason, pour ne nommer que ceux-là, sont de véritables héros à mes yeux. »

De retour au Canada, Bob a rempli son rôle d’écologiste à différents niveaux, au sein de conseils d’administration fédéraux et provinciaux, de la Table ronde de la Colombie-Britannique sur l’environnement et l’économie et, plus récemment, de l’Institut canadien des politiques agroalimentaires. Il a aussi été conseiller stratégique en tourisme et en gestion des ressources auprès de Premières Nations. Actuellement, il s’intéresse tout particulièrement aux enjeux climatiques et à la transition vers des sources d’énergie renouvelables. Bob vit sur un ranch dans le Sud-Est de la Colombie-Britannique, près du village de Ta Ta Creek. Tous les membres de la grande famille de Cuso International y sont d’ailleurs les bienvenus… s’ils arrivent à le trouver! Courriel de Bob Jamieson : bjamieson@cintek.com.

 

Marcel Zollinger
Botswana 1974-1977

Marcel Zollinger, Zurichois d’origine, arrive au pays en 1967, lors du 100e anniversaire du Canada. Il obtient ensuite un baccalauréat de l’Université McGill. Son souhait : aider des pays en développement ayant nouvellement acquis leur indépendance à devenir autosuffisant. Une décision qui allait l’amener aux quatre coins du monde.

Fort de son diplôme en agrologie, soit la science des sols et de la culture agricole, Marcel accepte une affectation en milieu rural au Botswana. Sa femme, leurs deux fils et lui se rendent alors en Angleterre, d’où ils prennent un bateau jusqu’à Cape Town, en Afrique du Sud. De là, ils roulent jusqu’à Tutume, au Botswana, dans un véhicule dont les meilleures années sont visiblement derrière lui.

« J’ai eu la chance d’enseigner à des étudiants en fin de parcours. Ils ont réalisé une première au Botswana : réussir le certificat de Cambridge en agriculture. Et ils y sont tous parvenus », souligne fièrement Marcel. Mieux encore, le potager que ses étudiants et lui avaient créé est toujours cultivé. L’école vend les fruits, les légumes, les poulets et les œufs pour financer ses activités.

Cette expérience dans l’hémisphère sud convainc rapidement Marcel qu’il doit se spécialiser en développement économique. Il entreprend donc une maîtrise en science du développement tropical à Reading, en Angleterre. Il vient tout juste d’obtenir son diplôme lorsque Cuso International est à la recherche d’un planificateur agricole pour l’équipe collaborant avec le gouvernement provincial de l’île Manus, en Papouasie-Nouvelle-Guinée. Cette affectation sera prolongée de deux années supplémentaires. Pendant ces quatre années, la famille Zollinger s’agrandira pour accueillir deux petites filles.

En 1984, Marcel revient au Canada et s’installe à Ottawa. « Le temps était venu de transposer mon expérience et ma formation dans un emploi dans la fonction publique fédérale, explique-t-il. Il y avait une forte demande pour des consultants privés. Au cours des 15 années suivantes, je suis passé d’un contrat à l’autre avec l’ACDI, le CRDI, Affaires étrangères (maintenant Affaires mondiales) et plusieurs ONG, dont Cuso International. »

À cette époque, l’évaluation de projets est la technique de gestion à la mode. Au total, il sera affecté à pas moins de 40 projets de développement dans plus de 30 pays. En 2000, devant les restrictions budgétaires fédérales dans son domaine d’expertise, Marcel décide de prendre sa retraite. Incapable de rester à ne rien faire, il demeure actif et passe beaucoup de temps en famille et à mener ses activités préférées.

En juillet 2019, Marcel et sa femme Connie participent aux retrouvailles de CUSOBOT, à Ottawa. Plus de 130 sont alors réunies pour se rappeler les bons souvenirs d’autrefois. Aujourd’hui âgé de 75 ans, Marcel reconnait devoir ralentir un peu la cadence, mais il est toujours aussi heureux lorsqu’il repense à folles années à l’étranger.

 

Anne Saunders
Malawi 1974-1976

En janvier 2019, j’ai été embauché pour faire des recherches sur la participation canadienne à la guerre du Biafra. Angela Onuora, une jeune reporter nigériane et mère de famille vivant à Waterloo, en Ontario, a fait des liens entre la guerre du Biafra, l’histoire de sa famille et le rôle des Canadiens. Touchée par l’histoire de Canairelief, elle prépare actuellement un documentaire intitulé Operation Lights Out: The Story of Canairelief.

Cette recherche m’a permis de découvrir le programme de Cuso au Nigeria de 1962 à 1969. La coopérante-volontaire la plus connue de la guerre du Biafra est probablement Diane North, qui a fait l’objet d’un article du Maclean’s en 1969. Diane était infirmière au Nigeria avec Cuso de 1964 à 1966. J’ai aimé en apprendre davantage sur la création du programme nigérian, dans les années 1960, et ses années de fonctionnement pendant la guerre du Biafra. Merci à Cuso International de nous avoir permis de fouiller dans ses archives à Bibliothèque et Archives Canada, à Ottawa.

 

Christopher Braeuel
Tanzanie 2013-2014

J’ai récemment reçu la Médaille du souverain pour les bénévoles, décernée par la gouverneure générale. Cette médaille, l’une des plus grandes distinctions du pays, est remise à des Canadiens s’étant distingués pour leur contribution majeure, durable et bénévole à la communauté, au Canada et ailleurs dans le monde. C’est la plus grande récompense destinée aux bénévoles au pays. J’ai reçu la Médaille des mains du maire d’Ottawa, Jim Watson, et de la conseillère de Kanata North, Jenna Sudds, au nom de la gouverneure générale.