Nous ne resterons pas silencieux

Par Sarah Pentlow
Coordonnatrice mondiale, Égalité homme-femme et inclusion sociale

Cela arrive tous les jours aux femmes au travail, à la maison, dans la salle d’audience et en classe. La peur de la violence a des répercussions sur les femmes au Canada et dans le monde entier. Dans le monde, une femme sur trois a subi une forme quelconque de violence, qu’elle soit sexuelle, physique, psychologique ou économique. Les 16 jours d’activisme pour mettre fin à la violence sexiste sont l’occasion de dénoncer la violence faite aux femmes.

Une étude sur la peur éprouvée par les femmes révèle que 61 % des Canadiennes ont peur de marcher seules le soir dans leur quartier, et que 75 % des femmes craignent de prendre les transports en commun le soir. D’après la même étude, les hommes sont 11 fois moins susceptibles que les femmes d’être « contraints à poser des actes sexuels » au cours de leur vie.

Dans d’autres parties du monde, les statistiques sont alarmantes. Au Nigéria, par exemple, dans certaines régions, les filles sont mariées dès l’âge de 10–12 ans, plus de 50 cas de violence sexiste sont signalés quotidiennement.

Cette année, dans le cadre des 16 jours d’activisme, Cuso International se joint aux autres pour élever la voix. Avec le soutien de bénévoles et de partenaires locaux à travers le monde, nous nous exprimons. Au Bénin, des filles et des garçons réciteront leurs poèmes lors d’une compétition de slam visant à dénoncer la violence. Au Pérou, nos partenaires ont marché pour le droit des femmes à une vie exempte de violence. Au Laos, notre partenaire participe à un concours de photos national pour mettre fin à la violence faite aux femmes. Au Nicaragua, nos partenaires apportent un soutien aux survivantes de la violence domestique, encouragées par l’aspiration d’une survivante à « mettre fin à la violence faite aux femmes est l’un des meilleurs objectifs qu’on peut avoir dans la vie ».

Mettre fin à la violence faite aux femmes nécessite des actions individuelles et des changements structurels. Il faut modifier les lois qui mettent les femmes en danger et remettre en question les normes culturelles préjudiciables. Notre partenaire au Honduras milite activement pour le droit à l’avortement, qui est actuellement interdit, même en cas de viol. Au Nigeria et au Bénin, nos partenaires discutent avec les leaders de la communauté des enjeux liés à la violence faite aux femmes.

Au Nigéria et au Bénin, nos partenaires locaux sont en train d’engager d’importantes discussions avec les dirigeants communautaires sur la violence sexiste. Notre collègue nigériane affirme qu’elle continuera à lutter contre la violence faite aux femmes afin que sa fille puisse jouir d’un avenir meilleur.

Et nous lutterons auprès d’elle.

Imaginez un monde exempt de violence faite aux femmes. Un monde où le besoin de domination serait éteint. Un monde de paix et d’équité. Un monde exempt de peur et rempli d’espoir. Un monde où les jeunes filles pourraient s’épanouir et réaliser leurs rêves.

Nous ne resterons pas silencieux. Nous continuerons à lutter pour mettre fin à la violence faite aux femmes, car il s’agit d’un objectif noble et essentiel.