Voir le Cameroun d’un nouvel angle

Voir le Cameroun d’un nouvel angle

Après avoir obtenu sa résidence permanente au Canada, la Camerounaise Sandrine Messomo est partie comme coopérante-volontaire de Cuso International dans son pays d’origine. Cette expérience lui a permis de voir le Cameroun d’un nouvel angle.

Q : Raconte-nous ton expérience de coopération volontaire au Cameroun.

R : J’avais deux mandats distincts. J’étais gestionnaire de projets auprès de l’Association camerounaise des femmes juristes (ACAFEJ). Je devais notamment favoriser l’indépendance des femmes dans trois camps de réfugiés, ouvrir des stations de radio en milieu rural afin de promouvoir les droits des femmes et organiser des séminaires sur l’égalité entre les femmes et les hommes.

Mon deuxième mandat consistait à aider nos partenaires locaux à mieux comprendre la politique sur l’égalité entre les sexes et à leur apprendre à tenir compte des femmes, des filles et des populations marginalisées dans l’élaboration de leurs programmes.

Q : Comment s’est passé le retour dans ton pays d’origine comme coopérante-volontaire?

R : Nos partenaires présumaient que j’aurais toutes les réponses à leurs problèmes parce que je venais d’un pays développé! Mon rôle consistait à les aider à comprendre qu’ils déte­naient déjà les réponses, et que la clé du succès résidait dans les échanges d’idées, les études de cas, le travail d’équipe et la collaboration. Ils ont beaucoup apprécié mon approche, qui leur permettait de s’approprier le processus et les résultats qui en découlaient.

Q : Quelle fut la plus grande difficulté de ton affectation?

R : Le travail que j’ai fait au service d’aide juridique de l’ACAFEJ. La violence subie par les Camerounaises est littéralement crève-coeur. J’ai fini par développer une certaine résilience pour être capable de leur offrir de bons conseils, mais leur situation m’affectait énormément.

Q: Qu’as-tu préféré dans ton expérience?

R : Le fait que nous ne sommes pas là uniquement pour donner. Nous pouvons apprendre bien des choses. Tout le monde est gagnant. J’ai beaucoup appris. Mes partenaires sur le terrain m’ont dit que je leur ai beaucoup apporté, mais je peux affirmer la même chose! C’est une expérience qui permet de grandir et de voir les choses différemment. Je pensais connaître mon pays, mais y faire de la coopération volontaire m’a permis de voir les choses sous un autre angle.

Q : De façon générale, comment s’est passée ton expérience?

R : Même si je suis partie sur le terrain pour contribuer au dévelop­pement du Cameroun, c’est moi qui ai retiré le plus de cette expérience. Oui, il faut s’adapter, et ce n’est pas toujours facile. Mais voir la gratitude chez les gens que j’ai aidés, savoir que la politique de Cuso International en matière d’égalité hommes-femmes était mieux comprise et constater que nos partenaires camerounais intégraient l’inclusion sociale dans leurs programmes : voilà exactement les raisons qui m’avaient poussée à partir sur le terrain.