Cultiver des haricots et des mangues : une recette gagnante pour les femmes et les jeunes en Tanzanie

Cultiver des haricots et des mangues : une recette gagnante pour les femmes et les jeunes en Tanzanie

Pour Jolenta Joseph et Fatuma Mbaga, avoir sa propre entreprise agroalimentaire ne signifie pas uniquement produire des aliments essentiels pour les Tanzaniens. C’est aussi un moyen d’améliorer leurs conditions de vie et celles des femmes et des jeunes qui travaillent à leurs côtés.

« Je rêve que les femmes et les jeunes puissent avoir de meilleurs emplois grâce à des investissements dans la formation », explique Jolenta, propriétaire de Sanavita. Cette entrepreneure de 30 ans produit de la farine et des biscuits enrichis de vitamines et de minéraux provenant de plantes comme la patate douce, le maïs et le soya. Ces produits sont plus que nécessaires en Tanzanie, où la malnutrition et la déficience en vitamine A sont deux fléaux de taille.

Améliorer le moyen de subsistance des femmes et des jeunes est dans l’ADN même du Modèle d’affaires kizimba, un nouveau projet soutenu par Cuso en Tanzanie. Lancé en 2021, ce projet vise à promouvoir les possibilités de travail autonome en agriculture et en agroalimentaire pour les femmes et les jeunes. Pour y parvenir, Cuso collabore avec la Sokoine University Graduate Entrepreneurs Cooperative (SUGECO), ainsi qu’avec le gouvernement, des universitaires et des entreprises privées pour offrir à des femmes et des jeunes des lopins de terre destinés à la culture de produits très recherchés, comme la mangue et le soya.

À ce jour, 1 000 hectares ont été arpentés pour ce projet; et en août dernier, près de 50 hectares étaient prêts à être octroyés à des femmes et des jeunes. De la formation et des ateliers en administration des affaires leur seront aussi offerts, ainsi que du mentorat pour les aider à lancer et faire croître leur entreprise.

« Depuis que je participe à ce projet, nous avons créé 15 emplois pour des femmes. Nous avons aussi formé et aidé plus de 1 000 cultivateurs de patate douce, de haricots riches en vitamine A et de haricots riches en fer et en zinc, explique Jolenta. L’approvisionnement de nos produits dans les supermarchés, les boutiques et les écoles est aussi plus stable. »

Romanus Mtunge, le représentant de pays de Cuso en Tanzanie, précise que le projet aidera jusqu’à 6 400 jeunes par année à trouver du travail. « Notre partenaire [SUGECO] a bâti un écosystème où chaque acteur joue un rôle bien distinct, explique-t-il. Jusqu’à 800 locataires peuvent cultiver un lopin de terre avec l’aide d’un travailleur qualifié occasionnel. »

Fatuma est la fondatrice de Get Aroma Spices, une petite entreprise de production et de distribution d’herbes et d’épices séchées, comme du gingembre, de la cardamome, de la cannelle, du poivre noir, de la citronnelle et de la masala. La jeune femme de 25 ans achète à des fermiers locaux des produits bruts qu’elle nettoie, trie, déshydrate, emballe et distribue à des grossistes, des détaillants, des supermarchés et des hôtels, notamment.

Grâce au Modèle d’affaires kizimba, Fatuma a pu acquérir des connaissances précieuses en gestion des affaires, en tenue de livres, en rédactions de soumissions et en élaboration de stratégie de marketing. « Mon entreprise a grandi. Je peux désormais approvisionner cinq régions du pays, et j’ai participé à plus de 40 foires et salons », raconte Fatuma. Elle souhaite maintenant étendre sa présence dans toutes les régions de la Tanzanie, opérer sa propre usine et embaucher d’autres femmes.

Revocatus Kimario, le directeur général de SUGECO, se réjouit de la réussite du projet, qui contribue activement à réduire l’écart entre les hommes et les femmes dans le pays. « Cette aide est un catalyseur de changements dans bien des régions de la Tanzanie. Elle transforme la vie des populations marginalisées », précise-t-il.

Aider les femmes et les jeunes à fonder une entreprise agroalimentaire et à créer des emplois fait une différence énorme dans la vie de milliers de personnes en Tanzanie. Grâce à la générosité de ses donateurs, Cuso peut continuer à mener à bien des projets comme le Modèle d’affaires kizimba et à aider les gens à lancer leur entreprise agroalimentaire. Faites un don sans tarder pour aider plus de femmes comme Jolenta et Fatuma.