Un café au goût d’espoir

Un café au goût d’espoir

Erika et Bayron Peña ont grandi sur la plantation de café familiale à Corquín, dans le département de Copán, au Honduras. Leurs parents, Evelio et Valentina, ont été obligés de relocaliser leur plantation en 2012 en raison de la météo défavorable et des maladies qui s’attaquaient à leurs caféiers. Déterminés à protéger leur famille et leur entreprise, ils ont décidé de tout vendre et de s’installer dans la région de Santa Barbara. Ce fut une décision crève-cœur, puisqu’ils quittaient alors leurs proches et leur communauté de toujours.

Cette année, la plantation de la famille Peña a souffert du manque d’eau en raison de la sécheresse et de l’exploitation illégale de la réserve d’eau naturelle en amont. Leur puits s’est également asséché plusieurs fois, ce qui a nui à leurs récoltes.

Heureusement, Cuso continue à offrir des ressources et de la formation pour perfectionner les connaissances en agriculture durable et optimiser les récoltes de petites fermes comme celle des Peña. Cuso y parvient notamment grâce à des coopérants-volontaires comme Frédéric Rivard et à la collaboration avec la Société de coopération pour le développement international (SOCODEVI), un organisme de la ville de Québec qui cherche à améliorer les conditions de vie dans les pays en développement en soutenant des coopératives agricoles qui deviendront ensuite des catalyseurs d’un développement socioéconomique durable et inclusif.

La culture du café est difficile dans la région. Les plantations sont mal gérées en raison du manque de ressources financières, et la plupart des producteurs vendent leurs récoltes aux « coyotes », des intermédiaires qui achètent leur café comptant à des prix dérisoires. Les programmes de Cuso visent à former et à outiller les caféiculteurs pour qu’ils conservent une plus grande part de la marge de profit sur leur café et versent un meilleur salaire à leurs employés.

Les coopérants-volontaires de Cuso participent à des programmes à long terme

Les producteurs de café hondurien qui participent au Projet Canada-Honduras de chaînes de valeur agroforestières (CAHOVA) sont soutenus par le SOCODEVI et les coopérants-volontaires déployés par Cuso. Frédéric Rivard est l’un d’entre eux. Ce conseiller en microfinance pour la chaîne d’approvisionnement agricole s’attarde particulièrement aux chaînes de valeur de l’industrie caféière capables d’améliorer la vie des Honduriens. « L’objectif est d’améliorer de façon concrète et durable les conditions de vie de 4 000 familles rurales honduriennes, explique Frédéric. En développant les connaissances des producteurs locaux, en approfondissant leur compréhension d’une culture de qualité, en solidifiant leurs liens avec les fournisseurs de la chaîne de valeur et en leur donnant des outils pour mener des études de marché, faire des analyses de prix et étendre leur réseau de torréfacteurs en Amérique du Nord, nous leur offrons les ressources et les outils nécessaires pour créer une chaîne d’approvisionnement de produits de qualité. »

Historiquement, les producteurs de ces communautés étaient forcés de vendre leur café à des intermédiaires locaux à des prix dérisoires, sans aucune possibilité de prime. Bien des producteurs perdaient de l’argent une fois leurs frais de production payés. « La formation, la sensibilisation, l’engagement et la résilience de ces producteurs sont la clé du succès, affirme Frédéric. Les Honduriens sont les gens les plus résilients que je connaisse. En plus d’être frappés par la pandémie de COVID-19, ils ont subi deux ouragans dévastateurs en deux semaines. Malgré la perte de leur maison, de leur récolte et plus encore, ils restent positifs et gardent espoir devant l’adversité. »

« En réduisant le nombre d’intermédiaires de la chaîne d’approvisionnement du café au Honduras, nous avons réussi à augmenter le revenu des producteurs de café de 295 %, répond humblement Frédéric lorsqu’on lui demande de parler des réalisations des deux dernières années. Il n’y a pas de doute : cette avancée est un véritable catalyseur de changement. Et cela a permis d’améliorer les conditions de vie des producteurs. Mais le plus inspirant dans tout ça, ce sont les Honduriens. La réussite de ce projet tient à leur confiance, à leur travail acharné et aux normes de qualité que nous avons établies ensemble. Cette expérience est carrément salvatrice pour bien des gens. Pour ma part, je suis extrêmement reconnaissant d’avoir eu la chance de me faire le porte-voix de personnes trop souvent marginalisées et laissées pour compte. Je continue à parler en leur nom chaque fois que je rencontre un torréfacteur à Montréal ou ailleurs au Canada. » Vous vous demandez quoi faire pour aider les petits producteurs? « Demandez à votre café du coin où il achète son café, répond Frédéric. Le café équitable est un bon début, mais si vous voulez vraiment faire la différence, demandez-leur si leur café s’accompagne d’un rapport de transparence précisant le montant payé au producteur. »

Les coopérants-volontaires comme Frédéric sont essentiels à la mission de Cuso, qui souhaite offrir de la formation et des ressources pour encourager l’agriculture durable et lutter contre la pauvreté.

Frédéric nous a demandé de souligner la collaboration de Gerry et Sharleen Moodie (deux anciens coopérants-volontaires de Cuso qui ont travaillé avec lui à ce projet), de Barbara Fletcher (une gestionnaire de programmes à temps plein de SOCODEVI) et de Sean Warner (le fondateur de l’Alliance hondurienne pour le café, un partenaire majeur de ce programme). « Sans leurs efforts, rien de tout cela n’aurait été possible », tient à préciser Frédéric.

Vous pouvez contribuer au développement des chaînes d’approvisionnement agricole en faisant un don à Cuso. Aidez-nous à bâtir des communautés durables!