Repartir à zéro

À la recherche d’une vie paisible et enrichissante. 

 Ayum est une jeune cultivatrice qui survit grâce à ses récoltes. Elle fait partie des milliers de Camerounais du Sud qui ont fui leur pays depuis 2017 en raison des conflits armés.  

Ayum et ses concitoyens ont trouvé refuge au Nigeria, le pays voisin. Bien que le Nigeria les ait bien accueillis, cet afflux de réfugiés impose une pression indue sur la communauté.  

Cuso, de concert avec le Haut Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (UNHCR), offre de la formation en entrepreneuriat et employabilité aux réfugiés et aux membres de leur communauté d’accueil dans les États de Cross River et de Benue. 

Ayum fait partie du groupe de 950 réfugiés et Nigérians qui suivent des cours en agriculture commerciale dans les fermes-écoles de Cuso. Grâce à notre approche participative, les apprenants acquièrent des connaissances, deviennent autonomes et participent activement aux décisions liées à l’adoption de nouvelles technologies et à la gestion des récoltes et des troupeaux. Les fermes-écoles offrent du soutien aux groupes marginalisés, particulièrement aux femmes et aux jeunes.  

« Nous croyons qu’en investissant dans la formation des femmes, elles pourront faire vivre leur famille et contribuer à leur communauté d’accueil, explique Jerry Nwigwe, chef d’équipe de Cuso au Nigeria. Soixante pour cent de nos bénéficiaires directs sont des femmes. Et ce sont majoritairement les femmes qui fondent les entreprises les plus prospères par la suite. » 

Forte de ses nouvelles compétences, Ayum prévoit se lancer en agriculture commerciale, gérer son propre lopin de terre et vendre ses excédents.  

Patience Nguma at her farm in Calabar, Nigeria

« En procurant un gagne-pain aux réfugiés, nous leur donnons l’élan et l’espoir nécessaires pour commencer une nouvelle vie loin de leur pays d’origine. Avec des compétences leur permettant de gagner leur vie, ils peuvent contribuer au développement économique de leur communauté d’accueil, précise Jerry. Nous avons constaté d’excellents résultats en seulement un an. » 

Plus de 700 réfugiés et Nigérians ont reçu une formation en 2019. Et plus de 200 personnes ont eu accès à une terre arable pour pratiquer l’agriculture, l’élevage ou la pisciculture.  

Devant la réussite du projet, l’UNHCR a prolongé le financement de Cuso, lui permettant ainsi de joindre 3 000 bénéficiaires dans deux États du Sud-Est du Nigeria. L’un des plus grands accomplissements du projet fut le changement de mentalité parmi les participants. 

« Même s’ils voyaient au départ leur séjour au Nigeria comme une situation temporaire, les réfugiés camerounais ont commencé à entrevoir la possibilité d’y élire domicile et de trouver des moyens de contribuer à la société », souligne Jerry.  

Hillary Arong est l’une des 1 000 personnes qui ont participé à un atelier de six jours dirigé par Cuso dans le but de réduire le chômage et d’aider les nouvelles entreprises à prospérer. Les participants devaient faire une analyse des besoins pour trouver des occasions d’affaires. Cuso leur offrait ensuite une formation pour consolider leurs compétences dans leur champ d’intérêt. 

« Notre avenir paraissait bien sombre, mais aujourd’hui, nous avons repris espoir, raconte Hillary. Nous sommes très reconnaissants à Cuso et à l’UNHCR pour leur aide. » 

 

470
personnes ayant suivi une formation de base en agriculture, en élevage et en pisciculture

269
personnes ayant suivi des cours techniques et une formation en entrepreneuriat et en création d’entreprises

208
personnes ayant accès à une terre arable pour pratiquer l’agriculture, l’élevage ou la pisciculture

30
associations villageoises d’épargne et de crédit fondées pour le développement local

14
fermes-écoles mises sur pied pour offrir de la formation pratique

Photos:

Hero: Ayum, managing her crop – Farmers Field school, Nigeria