Mettre fin à la violence contre les femmes au Pérou

Ce que Simon Morin a le plus aimé de son affectation d’un an et demi comme coopérant-volontaire à Lima, au Pérou, c’est l’opportunité de jumeler ses intérêts pour l’Amérique latine, l’égalité des genres et les droits humains. Ayant étudié les sciences politiques et la coopération internationale à Montréal et réalisé un stage au sein d’ONU Femmes au Mexique, Simon connaissait bien les enjeux sociaux et économiques de cette région.

Le mandat de Simon, qui vient tout juste de terminer son affectation avec Cuso International, était celui de promouvoir l’égalité des genres et les droits humains. Son partenaire local, le Bureau de l’ombudsman (Defensoría del Pueblo), a comme rôle de promouvoir la protection des droits fondamentaux des individus et veiller à ce que les services publics soient adéquats. Simon a concentré ses efforts sur la prévention des discriminations et violences à l’égard des femmes, notamment en matière de santé.

Au Pérou, la violence contre les femmes, communément appelée « violence machiste », se manifeste sous diverses formes : violence conjugale, trafic humain, harcèlement sexuel et féminicide, un terme utilisé pour désigner le meurtre d’une femme en raison de sa condition de femme. Face à cette situation et à l’impunité des agresseurs, des milliers de citoyennes et citoyens sont descendus dans les rues en août pour réclamer la fin des violences commises contre les femmes.

« Selon l’Organisation mondiale de la santé, le Pérou est le troisième pays au monde, derrière l’Éthiopie et le Bangladesh, en nombre de femmes de 15 à 49 ans victimes de violence sexuelle. À tous les jours je travaille sur des cas concrets de violence. C’est effrayant et triste. »

Diana Portal, avocate et collègue de Simon à la Defensoría, explique que même s’il y a eu des avancées par rapport aux droits des femmes, la violence reste un problème crucial au Pérou. Celle-ci affecte la vie des femmes et leur épanouissement, et empêche l’expression de leurs droits. Pour Diana, il faut miser sur la prévention et l’éducation avant tout.

« Nous vivons dans un contexte où les droits des femmes sont continuellement brimés. Où il y a beaucoup de discrimination envers celles-ci et où l’on enregistre environ 10 féminicides par mois. »

Durant son affectation, Simon a pu contribuer à de nombreux projets. Il a participé à la création d’un registre des victimes de stérilisations forcées réalisées à l’époque du terrorisme, entre 1996 et 2000. Il a également travaillé à une campagne contre le harcèlement sexuel, rédigé des rapports, fait des recommandations sur des projets de lois et appuyé un groupe de travail ayant pour objectif de promouvoir l’égalité des genres et le respect des différences culturelles au sein même de la Defensoría.

Avant de venir au Pérou, Simon a réalisé un stage au Mexique pour la campagne #HeForShe (« Lui pour elle »), dont l’objectif est d’encourager les hommes et les garçons à prendre des mesures contre les inégalités auxquelles font face les femmes et les filles.

Mettant à profit ses compétences, Simon a élaboré un guide sur la manière dont les hommes peuvent participer à la lutte contre la violence envers les femmes. Pour lui, le fait d’être un homme lui permet de rejoindre certains hommes qui sont plus réticents ou peu informés par rapport à l’égalité des genres ou du féminisme, et ainsi susciter une introspection.

« J’ai l’impression que lorsqu’on parle de féminisme, ou que lorsque les femmes parlent de féminisme et s’adressent aux hommes, que certains hommes se sentent sur la défensive. Donc si c’est d’homme à homme, il y a une possibilité d’une plus grande écoute. »

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