L’entraide en période de pandémie

La créativité et la collaboration sont deux caractéristiques qui décrivent bien la stratégie adoptée par Cuso pendant la crise de la COVID-19 pour répondre aux besoins changeants des communautés vulnérables à travers le monde.

« La COVID-19 s’accompagne de difficultés jamais vues, tant dans leur diversité que dans leur intensité, souligne Glenn Mifflin, chef de la direction de Cuso. La créativité dont nous avons fait preuve est un exemple puissant de l’importance que nous accordons à notre leitmotiv en toutes situations, à savoir l’entraide comme moteur de changement. »

Protéger les femmes de la violence au Honduras

Couvre-visages pour les malentendants au Honduras

Couvre-visages pour les malentendants au Honduras

Karen Pavón, la représentante de pays de Cuso au Honduras, s’intéresse surtout à une conséquence trop souvent négligée de la crise sanitaire : le fait que la violence faite aux femmes a triplé depuis le début de la pandémie.

L’Institut national des femmes fait la promotion d’un outil qui sensibilise les femmes sur le type de relation qu’elles entretiennent avec leur conjoint. De plus, le Centre pour les droits des femmes soutient les victimes de violence en les aidant à trouver de l’hébergement et en leur offrant des conseils juridiques en ligne. Cuso a participé directement à la programmation de ces organismes, en plus de les avoir aidés à renforcer leurs capacités.

Cuso contribue au développement économique des femmes en les aidant à obtenir des trousses de prévention de la COVID-19, des paniers alimentaires et de l’information sur la réduction des risques sanitaires. Les trousses contiennent des masques, du désinfectant pour les mains et des thermomètres pour que les entreprises puissent accueillir leurs clients tout en minimisant les risques de contamination. Les paniers contiennent des semences et des fertilisants biologiques pour aider les familles pauvres à garantir leur sécurité alimentaire.

« Cuso et ses partenaires travaillent d’arrache-pied pour venir en aide aux bénéficiaires les plus vulnérables. » – Karen Pavón, représentante de pays | Honduras

Trousses de prévention de la COVID-19 au Honduras

Trousses de prévention de la COVID-19 au Honduras

L’équipe de Cuso au Honduras, déterminée à contribuer à la reprise économique post-pandémie, réfléchit à des projets destinés aux groupes vulnérables. Cuso s’est récemment associé à Vos Honduras pour fabriquer des masques destinés aux élèves et au personnel de l’école pour malentendants Las Manos Hablan afin qu’ils puissent lire sur les lèvres à travers une petite fenêtre. Une aide plus qu’appréciée!

 

 

Distribution de fonds d’urgence au Pérou

Avec plus de 800 000 cas de COVID-19 confirmés, le pays est en état d’urgence depuis le 16 mars dernier. Les mesures de confinement du Pérou sont parmi les plus strictes de la planète. Une situation qui a des conséquences majeures sur les Péruviens, particulièrement sur les plus vulnérables.

« Bien des gens sont restés pris à Lima [la capitale péruvienne] au moment du confinement, explique Pilar Garcia, représentante de pays de Cuso au Pérou. Ils étaient incapables de rentrer dans leur région et devaient dormir dans les parcs. En l’absence de transports publics, d’autres ont marché des centaines de kilomètres avec leurs enfants pour rentrer à la maison. » Ce qui n’arrange rien, 72 % de l’économie péruvienne est informelle. En d’autres mots, des millions de personnes n’ont aucuns avantages sociaux et ne reçoivent aucun salaire lorsqu’ils ne peuvent travailler.

Cuso utilise son projet Voix et leadership des femmes pour distribuer de l’aide financière aux plus démunis. Le projet réunit des organismes de défense des droits des femmes qui luttent sans relâche pour consolider les mouvements de femmes à travers le pays.

Le projet Voix et leadership des femmes, qui comportait déjà un fonds destiné aux interventions rapides, s’est avéré vital pendant la pandémie de COVID-19. Les organismes utilisent ces sommes pour aider des bénéficiaires comme Rosa, une femme de 53 ans de la région de Puno, dans les Andes. « Sans revenus stables depuis le début de la pandémie, Rosa fait partie des centaines de bénéficiaires qui ont reçu une boîte de biens de base, comme de la nourriture et des produits d’hygiène », raconte Pilar.

Les fonds servent aussi à offrir du soutien psychosocial aux femmes chez qui la pandémie provoque du stress, de l’anxiété ou des symptômes dépressifs. Les causes de ces symptômes sont multiples : les inquiétudes quant à l’avenir, le décès de membres de la famille et la violence faite aux femmes, qui a triplé depuis le début de la pandémie.

Certains des partenaires de Cuso utilisent leurs fonds pour investir dans de l’équipement de protection individuelle, comme des masques. D’autres s’en servent pour acheter des uniformes destinés aux femmes qui sensibilisent la population à l’importance de rester à la maison pendant la pandémie.

Découvrez-en plus sur les moyens utilisés par Cuso pour aider les Péruviennes à traverser la pandémie de COVID-19.

Protéger les emplois en Colombie

En Colombie, la culture d’innovation de Cuso protège à la fois ses partenaires et ses bénéficiaires. La situation d’urgence économique et sociale provoquée par la pandémie y affecte toutes les entreprises, menaçant leur viabilité et entraînant des pertes d’emploi. Ces contrecoups de la pandémie sont encore plus graves parmi les groupes vulnérables, comme les femmes, les jeunes et les migrants. Perdre son emploi vient s’ajouter à une longue série de coups durs.

« Sans l’aide de Cuso, je n’aurais pas gardé mon emploi chez Almacontact. » – Miquel Altamar

Miguel Altamar, participant d’Emplois d’avenir, en télétravail

Miguel Altamar, participant d’Emplois d’avenir, en télétravail.

Un plan de riposte à la COVID-19 a été mis en place pour soutenir nos partenaires du secteur privé afin qu’ils puissent maintenir un lien d’emploi avec leurs travailleurs. Ce plan comprend des subventions salariales, des trousses de prévention de la COVID-19 pour leur personnel, de l’aide pour les télétravailleurs et de l’argent pour couvrir les frais de transport et de nourriture. Entre le 1er avril et le 4 juin 2020, le plan d’urgence est venu en aide à 23 entreprises de 4 municipalités. Résultat : 90 % des employés ont conservé leur emploi.

« Sans l’aide de Cuso, je n’aurais pas gardé mon emploi chez Almacontact », constate Miguel Altamar, un migrant vénézuélien de 25 ans, qui a cherché un emploi stable en Colombie pendant des années avant d’obtenir un poste à temps plein dans ce centre d’appel. Lorsque la pandémie de COVID-19 a frappé, Miguel a dû se mettre au télétravail. Pour l’aider dans sa transition, Cuso lui a loué un ordinateur et s’est organisé pour qu’il ait accès à Internet.

Miguel est soulagé de continuer à faire partie de l’équipe d’Almacontact. « C’est une entreprise où les gens ne sont pas classifiés en fonction de leur nationalité », explique-t-il. Le salaire qu’il y reçoit lui permet de bien vivre et d’envoyer de l’argent à sa sœur et à sa mère qui sont sans emploi au Vénézuéla.

Sensibiliser la population à l’importance des soins de santé au Cameroun

La pandémie de COVID-19 se propage rapidement dans les régions éloignées du Cameroun. Cuso a lancé son projet d’intervention rapide dans les régions du Centre, du Littoral, de l’Est et du Sud du Cameroun dans le but d’aplatir la courbe.

Atelier sur les campagnes de sensibilisation radiophoniques, Cameroun 

Atelier sur les campagnes de sensibilisation radiophoniques, Cameroun

« L’intervention mise sur les femmes, qui sont traditionnellement moins exposées à l’information et qui, en raison de leurs va-et-vient à l’extérieur à la recherche de nourriture et d’un gagne-pain, sont plus à risque de contracter la maladie », explique Ginette Sindeu, responsable de la programmation de Cuso au Cameroun.

Quatre centres d’autonomisation des femmes participent directement au projet, et Cuso distribue des trousses d’hygiène et de protection au personnel de la santé, aux cliniques médicales, aux familles et aux écoles. Des femmes sont embauchées et formées localement pour fabriquer les trousses.

« La formation en fabrication de trousses de protection (masques et savons) qui est offerte dans les centres pour femmes contribue à leur autonomisation économique, bien sûr. Mais en plus, elle les implique dans le plan de lutte contre la maladie », souligne Ginette.

Une campagne de porte-à-porte menée du 1er au 5 août dernier a permis de couvrir sept localités. Les agents de santé communautaire y ont visité plus de 800 ménages pour les informer de la COVID-19 et des moyens de limiter sa propagation. La campagne a joint 1 770 femmes et 1 540 hommes. Une démarche similaire est prévue dans les écoles secondaires et les cliniques de santé maternelle et familiale.

Campagne de porte-à-porte, Cameroun

Campagne de porte-à-porte, Cameroun

Des campagnes radiophoniques contribuent également à la lutte contre la COVID-19. À la mi-juillet, 6 radios communautaires camerounaises ont fait entendre des publicités sur différents sujets à leurs 200 000 auditeurs, y compris sur l’importance de déstigmatiser la COVID-19 et de bien gérer les funérailles. Les radiodiffusions s’inspiraient d’un atelier mené par Cuso, où 122 bénéficiaires ont reçu une formation sur les particularités de la COVID-19 et les façons de la prévenir.

Le bureau de Cuso au Cameroun a participé à une autre campagne de sensibilisation, menée cette fois par Radio Femmes, qui rejoint 120 000 personnes à partir de sa station de Mbal-mayo. Le programme encourageait les gens à rester vigilants et à obtenir des soins en cas de symptômes ou de contacts avec des personnes malades.