L’éducation comme outil pour lutter contre les MGF

L’éducation comme outil pour lutter contre les MGF

Seule fille de son village à ne pas avoir été excisée, Rachidatou se sentait isolée, différente et exclue.

« Dans mon village, l’excision est pratique jugée nécessaire et honorable, explique la jeune fille de 15 ans. Même si j’avais très peur, je croyais que je devais être excisée. »

L’attitude de Rachidatou est courante chez les filles du Nord du Bénin, particulièrement dans les régions de Borgou et d’Alibori, où les mutilations génitales féminines (MGF) – une pratique enracinée dans la tradition et transmise d’une génération à l’autre – persistent toujours.

En éduquant les femmes et les filles sur leur santé, leurs droits sexuels et génésiques, les MGF et la violence sexiste, Cuso améliore la qualité de la vie des femmes, de même que la santé et le bien-être de communautés entières partout au Bénin. L’engagement de Cuso dans ce domaine est aligné à celui de l’ONU et de l’Organisation mondiale de la santé d’abolir cette pratique inhumaine.

Des ateliers de formation préparent des ambassadrices locales à devenir des agentes de changement dans leur communauté. Ces leaders sont fières de leur rôle et déterminées à informer la nouvelle génération de filles comme Rachidatou des nombreux risques associés aux MGF.

Mise au courant que sa fille souhaitait se faire exciser, la mère de Rachidatou a eu la bonne idée de l’encourager à parler avec Amidou Noura, une agente de changement. Mère de huit enfants et leader respectée dans la communauté, Amidou a participé à un atelier de Cuso où elle a appris pourquoi il ne fallait plus pratiquer l’excision et pourquoi cette pratique avait perduré pendant des générations.

« Avant de participer à l’atelier, je croyais que cette pratique était essentielle à la réussite des filles, raconte Noura. J’ai appris que les MGF sont une pratique dangereuse que les gens perpétuent en partie parce qu’ils ne savent pas qu’on peut faire autrement. Quand j’ai appris ça, j’ai voulu agir. »

Amidou a expliqué clairement les conséquences de l’excision à Rachidatou à l’aide d’images et d’autres ressources pour qu’elle comprenne bien les risques qu’elle pouvait encourir. Devant ces explications, Rachidatou a compris les risques et a décidé de ne pas se faire exciser.

De plus, la présence et l’influence d’Amidou ont diminué son désir d’être comme les autres filles. Le bâton du changement est maintenant entre les mains de Rachidatou, qui espère influencer d’autres filles. Elle aimerait d’ailleurs devenir une leader comme Amidou un jour.

« Bien des choses ont changé dans ce village depuis que je participe à ce projet, constate Amidou. Les filles n’ont plus la peur constante d’être excisées, et bien des parents ont changé d’avis sur l’excision de leur fille. Les femmes viennent me voir pour discuter de leurs problèmes, et nous trouvons des solutions ensemble. »

Malgré l’adhésion croissante à la lutte contre les MGF, ces pratiques se poursuivent en secret. Dans bien des villages où l’excision est interdite, des gens cherchent des moyens illégaux de la pratiquer, parfois dans des conditions insalubres mettant la vie des filles encore plus en danger.

Cuso intervient aussi dans les écoles et les collègues, où ses partenaires expliquent aux étudiantes les conséquences négatives des MGF. Avec l’aide du ministère de l’Éducation du Bénin, Cuso a répertorié les clubs étudiants existants et contribué à la création de nouveaux clubs, où la santé et le bien-être des femmes sont au cœur des discussions.

Résultat : plus de 150 clubs scolaires militent désormais contre les MGF et la violence sexiste dans le Nord du Bénin. Ces clubs ont conçu des stratégies d’autodéfense, ainsi que des plans d’action pour promouvoir l’abandon de cette pratique.

« Nous prévoyons former les enseignantes et les superviseures de ces clubs scolaires afin d’approfondir leur connaissance des MGF et de la violence sexiste et de les outiller à mener cette lutte à l’intérieur même de l’école », explique Landry Faton, représentant de pays par intérim de Cuso au Bénin.

Grâce à ces initiatives fructueuses, les jeunes Béninoises comme Rachidatou peuvent s’épanouir, réaliser leurs rêves, subir moins de pression et sortir du cercle vicieux de la violence.

Vous pouvez aider plus de jeunes femmes comme Rachidatou à poursuivre un avenir meilleur en faisant un don aujourd’hui .