Donner aux jeunes jamaïcains la chance de s’épanouir

Lorsque Romane a commencé l’école au YMCA de Kingston, en Jamaïque, il posait à Christine la même question jour après jour : « Avez-vous de la nourriture? ».

« Il n’avait rien à manger à la maison, se souvient Christine French, une Canadienne originaire de Colombie-Britannique venue passer un an au YMCA, à titre de coopérante-volontaire de Cuso International.

La mère de Romane venait tout juste de se trouver un nouvel emploi, mais son salaire ne suffisait pas à les loger et à les nourrir convenablement. Christine a donc avisé les employés du YMCA de la situation, qui ont trouvé un moyen de remplir le ventre vide de Romane à l’école. Ils ont même réussi à convaincre une épicerie du coin de laisser Romane et sa mère récupérer les invendus.
« Je n’oublierai jamais Romane, souligne Christine. Sa mère m’envoie encore des textos de temps à autre pour me donner des nouvelles. »

Pour bien des Canadiens, la Jamaïque est synonyme de plages de sable fin et de reggae. Mais ce portrait idyllique n’est qu’une partie de la réalité…

Au cours des 30 dernières années, l’économie jamaïcaine a connu le plus faible taux de croissance de la planète. Cette situation a entraîné la hausse du taux de pauvreté et de chômage, particulièrement chez les jeunes. De plus, comme l’éducation publique n’est pas complètement gratuite, bien des enfants pauvres ne peuvent fréquenter l’école.

Le YMCA offre une partie de la solution en offrant des programmes d’étude et des formations à la vie quotidienne aux jeunes défavorisés qui connaissent de grandes difficultés. Certains, comme Romane, arrivent affamés. D’autres sont épuisés parce qu’ils ont dû travailler toute la nuit pour un chef de gang de leur quartier, qui leur a demandé de surveiller des stocks d’armes ou de drogue. Peu éduqués et sans possibilités d’emploi décent, ces jeunes ont souvent l’impression que c’est la seule façon pour eux de gagner un peu d’argent.

Pendant son affectation, Christine a mis à profit son expérience en développement organisationnel au sein du gouvernement de la Colombie-Britannique pour aider les employés du YMCA à planifier leur programmation à long terme. Toutefois, c’est en travaillant et en tissant des liens avec les jeunes à risque comme Romane qu’elle s’est sentie la plus utile.

Malgré leur vie difficile et leurs manières un peu brusques, ces jeunes avaient soif de gentillesse et de bonté. Un enfant émerveillé sommeillait encore en chacun d’eux.

C’est pour cette raison qu’elle a décidé d’organiser un camp d’été d’une semaine en robotique pour un groupe de 20 étudiants. Ces derniers ont ainsi eu la chance d’acquérir des compétences et des connaissances très recherchées sur le marché de l’emploi tout en s’amusant comme des petits fous!

Christine se souvient d’ailleurs d’un étudiant qui avait tellement aimé son expérience qu’il s’était levé spontanément pour remercier les personnes qui avaient organisé le camp.

« C’était magique de voir à quel point du renforcement positif, une formation axée sur l’apprenant et de bons repas pouvaient les transformer. Les changements étaient presque immédiats, explique Christine. Ils se sont complètement transformés en seulement cinq jours! »

Nous espérons de tout cœur que vous ferez un don sans tarder pour nous aider à envoyer notre prochaine cohorte de coopérants-volontaires sur le terrain, où ils participeront à des projets porteurs et novateurs.