Des femmes puissantes se font le porte-voix des jeunes filles camerounaises

Récits

Odette avec les enfants du foyer Ngoyan

Odette Kamanzi est bien placée pour savoir que l’éducation des filles et des femmes peut faire toute la différence au Cameroun. Elle a aussi été témoin de l’impact des femmes qui décident de se regrouper pour venir en aide à la jeune génération.

« Elles aident les filles à sortir de leur coquille et à parler de leurs droits, de la violence qu’elles subissent et de leur volonté de s’opposer au mariage précoce », explique Odette Kamanzi, une sociologue de Québec qui est allée sur le terrain avec Cuso International plusieurs fois depuis 10 ans. « Cela leur permet de s’exprimer et de dire ce qu’elles veulent faire et devenir au sein de leur communauté et de la société en général. »

Odette fait notamment référence au travail de Queens for Peace, un organisme avec lequel elle travaillera à titre de conseillère en égalité des sexes lors de sa troisième affectation au Cameroun, au début du mois de novembre. Originaire du Rwanda, Odette est la première coopérante-volontaire canadienne à reprendre du service depuis le début de la pandémie de COVID-19, en mars 2020.

Queens for Peace, un groupe soutenu par Women in Alternative Action, le partenaire local de Cuso, réunit les « Reines » du Cameroun (épouses des chefs et des rois locaux) pour mettre fin à la violence sexiste et au mariage précoce. Ce groupe de leaders féminins est très respecté au Cameroun. Lorsque ces femmes prennent la parole sur des sujets et des pratiques culturelles controversés, les gens les écoutent.

« J’adore cette tradition. Ces femmes ont une place importante dans la société et peuvent avoir un très gros impact », explique Odette, qui les aidera à concevoir des modules de formation et à former des leaders locaux. « Les Reines de Queens for Peace informent les hommes, les femmes et les filles des conséquences du mariage précoce. Ces mariages entraînent de nombreux problèmes. Les filles ne peuvent terminer leurs études, elles n’ont aucune autonomie financière, elles ont des grossesses non désirées et bon nombre d’entre elles meurent pendant l’accouchement », renchérit-elle.

Ce n’est pas une tâche aisée, constate Odette. Et le système patriarcal camerounais complique encore plus les choses. Mais la coopérante-volontaire reste convaincue qu’une fois formées et mentorées, les femmes seront capables d’apporter les changements majeurs qui s’imposent et d’améliorer les possibilités et les perspectives d’avenir des Camerounaises.

« Notre mission consiste à améliorer la qualité des vies des femmes et des filles. C’est ce qui me pousse à retourner sur le terrain. Je tiens à leur donner un coup de main », explique Odette, qui travaille à l’Université Laval et qui est très active dans la communauté rwandaise de Québec.

Pour elle, la coopération volontaire est un bon moyen de donner au suivant. « Le Canada m’a accueillie. Maintenant, c’est à mon tour de partager mes connaissances et mes compétences avec d’autres. »

En plus du Cameroun, Cuso prévoit envoyer deux coopérants-volontaires au Bénin et en Colombie d’ici la fin de l’année. Comme le gouvernement canadien a récemment levé son avertissement aux voyageurs concernant les déplacements à l’étranger, Cuso espère retrouver graduellement ses seuils prépandémiques d’affectation de coopérants-volontaires au cours de la prochaine année.

 

Grâce à ses généreux donateurs, Cuso peut aider des organismes comme Queens for Peace et Women in Alternative Action à faire avancer des causes majeures comme l’abolition des mariages précoces au Cameroun. Aidez-nous à contribuer à ces enjeux importants en faisant un don dès aujourd’hui.