Aidons Rosibel à se faire entendre!

Lorsque Rosibel sourit, ses magnifiques pattes d’oie s’accentuent. Ses cheveux noirs de jais, noués à la base de la nuque, dégagent son visage et ses yeux, qui irradient de douceur et de confiance.

Rosibel était tellement heureuse de pouvoir me raconter son histoire. Tellement heureuse de pouvoir être entendue. Elle qui est restée dans l’ombre trop longtemps.

« Je frémis lorsque je repense à la femme que j’étais autrefois, raconte-t-elle. J’étais sans voix et sans visage. »

Avec ses 54 ans bien sonnés, Rosibel profite d’une vie qu’elle n’avait jamais cru possible dans sa jeunesse. Pendant plus de 30 ans, elle a travaillé à la sueur de son front pour obtenir ce que bien des Nicaraguayennes se voient refuser : une éducation, une terre, de l’argent et la liberté.

Lorsque je lui ai demandé son âge, m’a souri d’un air taquin et m’a répondu avoir 20 ans! Elle m’a ensuite expliqué que 20 ans plus tôt, la Fundación entre Mujeres (FEM), un groupe de femmes, lui avait donné la chance de commencer une nouvelle vie. Après avoir appris à lire et à écrire avec la FEM, Rosibel s’est jointe à une coopérative agricole féminine, Las Diosas (Les Déesses, en français).

Aujourd’hui, Rosibel est présidente de la coopérative et possède une maison et un petit lopin de terre. Elle poursuit également des études en médecine traditionnelle à l’université.

« Je peux désormais dire que j’ai du pouvoir sur ma vie », s’exclame fièrement Rosibel.

Au cours de la dernière année, Rosibel et les autres membres de sa coopérative ont travaillé avec Ronald Anzoleaga, un coopérant-volontaire de Cuso International. Ronald est un économiste et un professeur qui aide les femmes de Las Diosas à améliorer leur marketing et leur planification commerciale afin de pouvoir augmenter les profits qu’elles tirent de la culture de café et d’hibiscus.

Au début, les femmes de Las Diosas étaient sceptiques à l’idée d’avoir un homme comme conseiller. Comment Ronald pourrait-il comprendre réellement leurs difficultés alors qu’il ne connaît rien de leur réalité? De plus, pour bon nombre d’entre elles, la coopérative était le seul lieu où elles n’avaient pas de comptes à rendre à un homme…

Mais elles se sont vite rendu compte que Ronald était différent. Que c’était un géant au cœur tendre. Pendant les quatre premiers mois, il s’est contenté de les écouter et d’observer leurs façons de faire. Une fois la relation de confiance installée, il leur a montré comment calculer leurs coûts de revient afin de fixer un juste prix pour leurs produits et d’en améliorer la commercialisation. Depuis qu’elles travaillent avec Ronald, leur production a augmenté de 50 %!

Les coopérants-volontaires qualifiés et attentifs comme Ronald sont la preuve que les partenariats de Cuso International peuvent contribuer activement à la réduction de la pauvreté et des inégalités. Ces partenariats fructueux sont rendus possibles grâce à la générosité de nos donateurs canadiens, qui comprennent que la transmission de savoirs et le renforcement des capacités sont synonymes de changements durables.

Nous vous invitons à faire un don pour nous aider à envoyer encore plus de coopérants-volontaires auprès des populations les plus vulnérables. Aidez-nous à changer le monde, un coopérant-volontaire à la fois!