Miser sur l’information et l’éducation pour mettre fin au mariage précoce au Cameroun

Miser sur l’information et l’éducation pour mettre fin au mariage précoce au Cameroun

Âgée d’à peine 17 ans, Sakinatou (Saki) Bobo a été témoin de la décision déchirante que devaient prendre ses parents. Approchés par un homme plus vieux qui souhaitait l’épouser, les parents de Saki savaient que cette proposition allait améliorer leur situation financière.

Mais ils savaient aussi qu’une autre option était possible. Une option qui offrirait de meilleures perspectives d’avenir à leur fille : poursuivre ses études et prendre ses propres décisions.

C’est pourquoi Salamatou, la mère de Saki, a demandé l’aide de Queen Moustafa, une militante et leader du village de Dennsa, dans le Nord du Cameroun. Queen Moustafa fait partie de Queens for Peace, un groupe qui s’efforce de mettre fin au mariage infantile, précoce et forcé (MIPF) au Cameroun avec l’aide de Cuso International.

« C’est un privilège d’informer les femmes et les filles des risques associés au MIPF. Je suis déterminée à protéger les filles, les femmes et les villageois en les informant de ces tristes réalités, explique Queen Moustafa, qui parle régulièrement aux femmes de son village des dangers de certaines pratiques culturelles, comme le mariage précoce. Si nous nous unissons dans la lutte contre le MIPF, nous contribuerons aussi à l’abolition de la violence sexiste et de la pauvreté. »

Au Cameroun, 30 % des filles de 15 à 18 ans sont mariées. Le MIPF est une violation des droits de la personne qui limite considérablement l’accès à l’éducation des filles. De plus, ajoute Ginette Sindeu, gestionnaire de projets au bureau de Cuso au Cameroun, « le mariage des enfants alimente les inégalités, la violence sexiste et le cycle vicieux de l’oppression qui perpétuent la dépendance des femmes et des filles à l’endroit de leur mari ».

En dotant les femmes influentes et les leaders traditionnelles comme Queen Moustafa des connaissances et des compétences nécessaires pour informer leur entourage, Cuso et ses partenaires locaux investissent dans des changements à long terme. Des changements porteurs de liberté pour les femmes et les filles qui pourront désormais gagner leur vie, ce qui favorisera du même coup l’égalité homme-femme au Cameroun.

« Cuso sait que les changements durables doivent se faire à l’échelle locale, et Women in Alternative Action [un autre groupe militant] et Queens for Peace ont l’influence, le respect et la portée nécessaires pour mettre fin à cette violation des droits des femmes et des filles », souligne François Awounkeu, représentant de pays de Cuso au Cameroun.

Après sa rencontre avec Queen Moustafa, Salamatou a finalement décidé de ne pas marier sa fille, qui n’était pas prête physiquement, émotionnellement et mentalement pour une telle union. « L’offre d’allocation financière pour couvrir les frais de scolarité de Saki a réglé leurs problèmes financiers, permettant ainsi à leur fille de poursuivre ses études », raconte Queen Moustafa.

Résultat : Saki fait désormais partie des 48 % de Camerounaises ayant un diplôme d’études secondaires. Elle aura donc la possibilité de poursuivre ses études si elle le désire.

« Je croyais respecter nos traditions et faire ce qui était le mieux pour ma fille en la mariant très jeune, explique Salamatou. Je sais maintenant que l’éducation est la seule solution pour mettre fin à cette pratique, qui met en péril la vie et les perspectives d’avenir des filles. Je suis reconnaissante à Queen Moustafa d’avoir ajusté ma couronne et celle de ma fille. J’espère que Saki pourra devenir une femme forte et influente comme Queen Moustafa. »

Le mariage précoce n’est qu’une des nombreuses difficultés rencontrées par les femmes et les filles au Cameroun. Grâce à la générosité de ses donateurs, Cuso collabore avec des partenaires comme Queens for Peace pour former et informer les femmes et les filles afin d’assurer leur indépendance. Faites un don sans tarder pour les aider à prendre leur envol!