Voir clairement : l’accès à l’éducation commence par une bonne paire de lunettes

Pays Jamaïque
Secteur d’intervention

Jayquan détestait lire. À l’école, le garçon de huit s’assoyait toujours au fond de la classe et tombait inévitablement endormi. Comme il regardait toujours la télé au lieu de faire ses devoirs, sa mère s’est aperçue qu’il se tenait très près de l’écran.

« Jayquan se plaignait de maux de tête chaque fois qu’il devait faire ses devoirs », explique Kimberly Black, la mère du jeune garçon. Inquiète par le comportement de son fils, elle ne savait pas quoi faire, ni vers qui se tourner. « Soit-il dormait, soit-il avait de mauvais comportements. Je l’élevais seule et je n’avais aucune aide. »

Or, la situation au problème s’est avérée plus simple que prévu : il avait besoin de lunettes!

D’après l’Association canadienne des optométristes, près de 25 % des enfants d’âge scolaire ont des problèmes de vision assez importants pour nuire à leur apprentissage. Les recherches démontrent que le port de lunettes adaptées aux besoins a plus d’impact sur la réussite scolaire que toute autre intervention en santé.

La coopérante-volontaire de Cuso International Émilie Denis (rangée de devant, deuxième personne à partir de la droite) avec des enfants ayant eu un examen des yeux grâce à See Better, Learn Better.

« La meilleure façon de régler les problèmes les plus inquiétants en Jamaïque est d’augmenter la fréquentation scolaire. Cela permet aux jeunes de développer un esprit critique », souligne Émilie Denis, une coopérante-volontaire de Cuso International. Émilie a travaillé pendant huit mois avec Kimberly à la Rose Town Foundation, une ONG du centre-ville de Kingston, en Jamaïque, à titre de conseillère en ressources humaines.

Lorsque Kimberly lui a parlé de ses problèmes, Émilie a tout de suite fait le lien. Elle a donc organisé un partenariat entre la Rose Town Foundation et See Better, Learn Better afin de mettre sur pied un projet de dépistage oculaire chez les enfants d’âge scolaire.

« L’école n’est pas gratuite et tout le monde ne peut pas la fréquenter, mais bien voir grâce à des lunettes est un bon début », souligne Émilie.

En 3 jours, 112 enfants de 5 à 15 ans ont été examinés par des optométristes. Ceux qui avaient besoin de lunettes ont pu choisir parmi les montures gratuites, qui ont ensuite été ajustées.

« C’est un gros projet pour nous, explique Émilie. Leurs lunettes leur permettent de mieux réussir à l’école. »

Jayquan est un exemple criant de la différence que ce projet a dans la vie de ces enfants. Six mois après avoir reçu ses lunettes, il aime faire ses devoirs et a de meilleures notes. « Il a même reçu une récompense scolaire, souligne Kimberly. Il est le meilleur lecteur de sa classe et a reçu la mention “Top Boy”. Je suis fière de lui! »