Concocter le changement au Myanmar (Birmanie)

Pays Myanmar
Secteur d’intervention

Un restaurant dirigé par des femmes autochtones : l’ingrédient secret pour préserver les traditions et aider les survivantes de violence sexiste 

Lorsque Khamoom Chan prépare un plat traditionnel au restaurant Pao Mon, dans l’État de Môn, au Myanmar, elle ne se contente pas de nourrir ses clients affamés. Chaque repas servi lui permet de faire un pas de plus pour préserver sa culture, gagner décemment sa vie et aider d’autres femmes comme elle. 

Ce restaurant bien particulier est géré par le Groupe de femmes de Môn (GFM), qui n’embauche que des femmes autochtones. Les femmes de l’État de Môn sont rarement scolarisées et beaucoup plus susceptibles d’être victimes de violence sexiste. Le taux d’agressions sexuelles dans cet état est d’ailleurs le plus élevé au pays. 

C’est pour cette raison que le restaurant offre de la formation et du mentorat à ses employées et consacre tous ses profits à l’aide aux survivantes de violence sexiste.

Khamoom Chan

« Nous les accompagnons chez leur avocat et au centre de santé, explique Khamoom, qui travaille au restaurant depuis quatre ans, dont elle est maintenant la gérante et la chef cuisinière. Si nous ne les aidons pas, elles ne pourront pas recevoir les services dont elles ont besoin. » 

Cuso International travaille en partenariat avec le restaurant Pao Mon depuis 2017. Il y envoie des coopérantes-volontaires pour faire du mentorat et donner un coup de main pour le marketing, la gestion financière et le développement de l’entreprise. 

Mikaila Ross fut la première coopérante-volontaire de Cuso à collaborer avec le restaurant comme conseillère en développement d’entreprise. Cette enseignante chevronnée d’une école de cuisine de Toronto a aidé les femmes à rédiger leur plan d’affaires et de marketing. Quant à ses nouvelles collègues, elles lui ont appris à cuisiner avec des herbes vivaces et à préparer cinq plats simultanément… avec un seul brûleur! 

« Ces femmes m’ont inspirée par leur détermination, leur positivisme et leur résilience, souligne Mikaila. Préparer des nouilles de riz et servir des bols fumants de mohinga, une soupe traditionnelle birmane, nous a permis de tisser des liens solides et de partager nos connaissances. »

Angela Baker

Mikaila a été suivie par Angela Baker, une autre fière représentante de l’industrie de la restauration torontoise. Angela a travaillé avec Khamoom pour cibler les domaines où elles avaient besoin d’un coup de main. 

« Nous nous sommes concentrées sur le marketing, car elles n’avaient visiblement pas besoin d’aide en cuisine, explique Angela. Nous avons cherché à élargir la clientèle du restaurant et à augmenter l’achalandage. Le but ultime étant d’accroître les revenus et de financer les programmes du GFM. » 

Khamoom et ses collègues du Pao Mon donnent des cours de cuisine traditionnelleont lancé un service de traiteur et sont en train d’écrire un livre de recettes. 

May ThetKhine travaille aussi au restaurant comme cuisinière, serveuse et gérante de la boutique-cadeaux. Elle est fière de travailler dans un restaurant qui fait la promotion des traditions de sa région tout en autonomisant les survivantes de violence sexiste. 

« Je suis fière de faire partie de ce projet. Et j’acquiers énormément d’expérience », ajoute la jeune femme de 20 ans. Les jeunes générations doivent apprendre notre culture et nos traditions, car elles font partie de notre identité. C’est notre devoir de les préserver et de les transmettre. »  

Vous pouvez nous aider à faire en sorte que les femmes comme Khamoom et May Thet aient accès aux compétences nécessaires pour grandir et prospérer. Cliquez ici pour savoir comment.