L’insuffisance du salaire minimum décourage les Colombiens d’opter pour un emploi dans le secteur formel constate un rapport de Cuso International

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14 mars 2019

Bogotá, Colombie – Le salaire minimum en Colombie ne suffit pas à sortir de la pauvreté et à améliorer ses conditions de vie. Il n’incite donc pas la population à quitter le secteur informel, d’après un rapport publié aujourd’hui par Cuso International. 

Lanalyse de l’expérience des Colombiens payés au salaire minimum menée dans le cadre de l’étude Reflexiones sobre el salario mínimo y la informalidad laboral (Réflexions sur le salaire minimum et le travail informel) permet à Cuso International de conclure que les travailleurs de ce pays sont constamment en situation de précarité. 

Cette précarité s’explique notamment par l’insuffisance du salaire minimum, qui ne couvre pas les besoins de base des travailleurs. Habituellement, les personnes payées au salaire minimum parviennent à payer leurs dépenses de logement et d’alimentation lorsqu’elles ont un bon réseau familial et un filet social de base comme Sisbén pour les soutenir. 

De plus, la population active payée au salaire minimum a perdu une plus grande partie de son pouvoir d’achat que la population générale ces dernières années. L’étude menée par Cuso International et financée par le gouvernement du Canada révèle que le revenu moyen d’un chef de ménage a diminué de moitié entre 2007 et 2017, alors qu’il a diminué du double pendant la même période chez les chefs de famille dont le revenu était égal ou inférieur au salaire minimum. 

Étant donné que le salaire minimum ne permet pas de couvrir les dépenses quotidiennes, les chercheurs insistent sur le fait que les travailleurs payés à ce salaire se retrouvent dans des situations extrêmement difficiles en cas de maladie ou d’accident, y compris lors d’un accident de travail. Bien que les employés aient droit à la sécurité sociale pour les aider à surmonter les moments difficiles, le salaire qu’ils reçoivent ne leur permet pas de couvrir les dépenses additionnelles subséquentes. 

« S’il est vrai que les travailleurs payés au salaire minimum ne sont pas condamnés à mourir de faim, il est préoccupant de constater qu’il est improbable que leur rémunération leur permette de sortir de la pauvreté », souligne Alejandro Matos, directeur de bureau de Cuso International en Colombie. 

Un grand nombre de travailleurs du secteur informel gagnent moins que le salaire minimum (60 % de la population active) et n’ont pas accès à la sécurité sociale. Or, occuper un emploi dans le secteur formel assurant un revenu de subsistance n’est pas nécessairement synonyme de meilleures conditions de vie. 

Il ne s’agit pas simplement de se trouver un travail, mais d’avoir un travail stable et permanent. 

L’étude, qui s’appuie sur les données du Great Integrated Household Survey (GEIH), révèle également que près de la moitié de la main-d’œuvre effectuant un travail pénible n’occupe un emploi formel que pendant 7 à 11 mois. L’un des défis de la Colombie est de stabiliser le marché du travail formel. Cuso International recommande d’ailleurs, à ce chapitre, que des mesures soient prises pour encourager l’accès au secteur formel et pour cibler et appliquer celles favorisant la permanence des emplois. 

« Il faut être réaliste, unbonne partie de la population active travaille dans le secteur informel. Il est donc particulièrement difficile d’appliquer les outils de contrôle et de surveillance à ces travailleurs. Le mieux que nous pouvons faire, c’est de déterminer comment permettre leur transition vers le marché du travail formel à l’aide de politiques d’augmentation de la productivité adaptées aux particularités régionales. Des politiques qui comprendraient des initiatives de création d’emplois formels et de diminution réelle de la pauvreté parmi la population colombienne », ajoute Alejandro Matos. 

L’objectif principal de Cuso International en Colombie est de promouvoir l’inclusion sociale par la création d’emplois décents et le développement économique durable des communautés pauvres et vulnérables. Avec son projet SCOPE (projet colombien de possibilités de consolidation de la paix et d’emplois durables) financé par le gouvernement du Canada, Cuso International a aidé des femmes, des jeunes et des victimes de conflits armés à accéder au marché du travail formel. 

À ce jour, le projet SCOPE a permis à plus de 8 000 personnes de participer à des programmes de formation et d’employabilité, en plus d’offrir de l’assistance technique au secteur privé pour la mise en place de politiques de diversité et d’inclusion sociale et de structures organisationnelles. Le projet SCOPE a également mené à l’établissement de huit alliances avec des organismes gouvernementaux locaux et nationaux dans le but de promouvoir l’adoption de politiques inclusives dans la fonction publique. 

Rendez-vous à l’adresse suivante pour consulter le rapport de recherche (en espagnol seulement) :
http://empleosparaconstruirfuturo.org/producto/salariominimo_informalidadlaboral/ 

À propos de Cuso International 
Cuso International est un organisme de développement international qui s’est donné pour mission de réduire la pauvreté et les inégalités en misant sur le travail de coopérants-volontaires hautement qualifiés, la collaboration avec des partenaires locaux et la compassion de ses généreux donateurs. Cuso International, dont la création remonte à 1961, est un organisme de bienfaisance enregistré au Canada et aux ÉtatsUnis. Ses collectes de fonds lui ont permis d’affecter plus de 15 000 coopérants-volontaires à travers le monde. 

Cuso International tient d’ailleurs à souligner le précieux soutien financier du gouvernement du Canada, par l’entremise d’Affaires mondiales Canada. 

Numéros d’organisme de charité:
Canada: 81111 6813 RR0001
États-Unis: EIN 30-0545486

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